« Le Salon de l'agriculture a un attachement historique avec Paris »
Lancé sous sa forme actuelle en 1964, le Salon de l'agriculture est l'héritier de concours et de comices bien plus anciens. Valérie Le Roy, directrice de l'événement depuis 2016, évoque les origines, l'évolution du salon et son attachement immuable à Paris.
COMMENT LE SALON A-T-IL ÉVOLUÉ CES DERNIÈRES ANNÉES ?
« Depuis 10 ans, l'enjeu majeur pour nous est de s'adapter aux phases successives de travaux menés au Paris Expo Porte de Versailles (15e). Ce chantier amène une vraie modernisation, de la végétalisation et des bâtiments à haute valeur environnementale, et comme partout, durant un tel chantier, il faut se réorganiser. C'est un travail mené collectivement, en collaboration avec les exposants. »
« Cette année, en plus de l'absence des bovins (mesure prise en janvier pour cause d'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, ndlr), nous avons repensé les rings, avec des présentations et animations différentes. Tous les producteurs de France métropolitaine, d'Outre-mer ou des quelque 30 pays invités seront regroupés sur les 3 niveaux du Hall 7, avec de nombreux restaurants de terroir. »
COMMENT EXPLIQUER CE LIEN AVEC PARIS ?
« D'abord, le SIA est venu au parc des expositions quand celui-ci a été construit. Avant, il y avait déjà le concours général agricole (CGA) des animaux à Paris, mais au Grand Palais. Et l'histoire commence d'ailleurs dès les années 1870, à Poissy, avec des comices agricoles. Le salon a donc un attachement historique à ce lieu et à Paris. »
« Pour beaucoup de visiteurs, c'est aussi un événement patrimonial. Certains sont venus avec leurs parents, et reviennent des années plus tard avec leurs enfants et petits-enfants. C'est devenu un rituel de famille ou de groupes d'amis. »
QUE REPRÉSENTE LE SALON POUR LES EXPOSANTS ?
« Pour les exposants, qu'ils soient producteurs ou éleveurs, le salon, c'est avant tout le CGA, des animaux, des produits et des vins. On accueille les finales, et les agriculteurs ont déjà passé des sélections dans leurs régions plus tôt dans l'année. Pour beaucoup, venir concourir à Paris, c'est un peu leurs Jeux Olympiques. »
« Par ailleurs, c'est une vraie vitrine. Pour ceux qui remportent une médaille, qui garantit une commercialisation plus importante, mais aussi pour les autres. Pour les producteurs, qui viennent avec leurs organisations régionales, cela permet aussi de consolider les rapports avec leur région et leurs collègues. »
« Enfin, ils se présentent devant une population très bigarrée, puisque le salon accueille en moyenne 600 000 spectateurs, soit presque 1 % de la population française. »
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