Le parcours d'Emmanuel Grégoire, le nouveau maire de Paris
Officiellement élu maire de Paris dimanche après la victoire de sa liste lors du second tour des élections municipales du 22 mars, Emmanuel Grégoire, 48 ans, succède à Anne Hidalgo, dont il a longtemps été le bras droit à l’Hôtel de Ville. Portrait d’un travailleur de l’ombre qui a pris Paris à la pédale.
FIL ROUGE
Emmanuel Grégoire est né en 1977 aux Lilas, en Seine-Saint-Denis, dans une famille très engagée à gauche. Son père, ancien permanent du PCF, finira sous-préfet, et ses deux grands-pères étaient également adhérents au Parti communiste. Il grandit à Jonzac, en Charente-Maritime, et se destine enfant à la cuisine ou à l’archéologie.
Son attrait pour la philosophie le mène sur les bancs de Sciences Po Bordeaux. Il retourne ensuite à Paris à la fin des années 1990 et travaille d’abord dans le secteur de la santé, avant de créer une société de conseil. En 2001, il adhère au Parti Socialiste pour soutenir Lionel Jospin et commence à militer dans le 12e arrondissement, où il s’ancre dans la durée.
UN HOMME DE DOSSIERS
En 2008, il rejoint le cabinet de Jean-Louis Missika, adjoint chargé de l’innovation à la mairie de Paris, avant de devenir chef de cabinet de l’ancien maire Bertrand Delanoë entre 2009 et 2012.
Lorsque François Hollande arrive à l’Élysée, il fait un passage à Matignon auprès du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Mais c’est à Paris que sa carrière prend forme. Après avoir enchaîné les rôles d'adjoint depuis 2014, il devient le premier adjoint d'Anne Hidalgo en 2018 et constitue un pilier de la maire sortante.
À ses côtés, il gère des thématiques variées comme les finances, le Grand Paris, et participe à la transformation de la ville notamment autour des mobilités douces et de l’aménagement urbain. Emmanuel Grégoire cultive l’image d’un élu de dossiers plutôt que d’un homme de discours.
REVANCHE EN VÉLIB
Sa relation avec Anne Hidalgo se tend après l’échec présidentiel de la candidate socialiste en 2022. Emmanuel Grégoire prend progressivement ses distances. En 2024, il se présente aux législatives dans la 7e circonscription de Paris et bat dès le premier tour le député sortant Clément Beaune, quittant alors l’Hôtel de Ville pour l’Assemblée nationale.
Quelques mois plus tard, il revient en candidat à la mairie centrale et remporte la primaire socialiste. Il monte une large union de la gauche, sans La France insoumise, et finit par s’imposer lors des élections face à Rachida Dati et Sophia Chikirou au second tour. « Paris a décidé de rester fidèle à son histoire », s’est-il félicité. Le soir du 22 mars, il arrive à l'Hôtel de Ville en Vélib : le symbole est assumé.
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