Camille Gras, l'orfèvre parisien acharné qui perpétue les traditions
Dans son atelier du 3e arrondissement, Camille Gras, orfèvre consciencieux et travailleur, façonne et restaure des pièces, tout en transmettant un savoir-faire traditionnel de plus en plus rare.
UNE FORMATION LONGUE
Parisien d'origine, Camille Gras est né dans un milieu artistique. Très tôt, il sait qu'il voudra travailler avec ses mains, « dans un atelier plutôt que derrière un bureau », se rappelle-t-il. Sa rencontre avec les métiers d'art intervient rapidement. « Un orfèvre expérimenté m'a pris sous son aile et m'a permis de m'initier ». Convaincu, il se lance dans un premier apprentissage de deux ans. « Dans ce métier, il faut 10 ans pour être autonome », explique-t-il. Il décide donc ensuite de partir à l'étranger, à Florence en Italie, pour continuer à s'exercer. Sans parler la langue et avec 500 € de salaire par mois, il s’acharne durant 4 ans. « Pour aller plus vite, il fallait faire plus d’heures. J'étais à l'atelier jusqu'à tard le soir, et même le week-end », confie-t-il.
SE FAIRE UNE PLACE
À son retour, Camille Gras parvient à se faire embaucher pour parfaire sa technique. Puis en 2012, il récupère un atelier vide, sans matériel ni clientèle. « Contrairement aux maisons qui travaillent de père en fils, je suis parti de zéro, sans même avoir un étau », raconte-t-il. Grâce au réseau restreint des orfèvres français, où il commence à se faire un nom, il constitue son outillage et trouve des commandes par le bouche-à-oreille.
La qualité de son travail parle, et sa capacité à se diversifier aussi. Fabrication d'objets d'art de la table ou d'art décoratif, restauration de pièces anciennes, coutellerie d'argenterie, travail sur du métal argenté et de l'argent massif, créations pour des maisons de luxe ou des institutions comme l'Élysée : son atelier attire des clients de Paris aux États-Unis.
PASSION ET TRANSMISSION
Le passionné, qui a déménagé il y a 3 ans dans un local de 115 m², est accompagné au quotidien de 3 salariés, dont sa compagne qui gère la partie commerciale. Il forme aussi des jeunes motivés, en interne, faute d'écoles spécialisées, et milite pour la survie d'un métier en voie de disparition. « On fait de la pièce unique ou de la petite série, c'est une profession que les nouvelles technologies ne pourront pas remplacer », soutient-il. Son objectif : continuer à produire en France, à se fournir à Paris ou dans la région comme il le fait, à moderniser l’atelier sans renier les gestes et à transmettre. Pour que ce métier d'art ne devienne pas un souvenir.
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