Pour Guirchaume Abitbol, cofondateur de l'application Lyynk, « la santé mentale doit être un sujet pour tous »
Dédiée à la santé mentale des jeunes, l'application Lyynk, lancée en septembre 2024, fête aujourd'hui son 1er anniversaire lors d'une soirée, à Paris, lors de laquelle des « jeunes, responsables politiques, psychiatres, influenceurs et artistes unissent leur voix pour réinventer la santé mentale et interpeller le pouvoir ». Son cofondateur Guirchaume Abitbol évoque le projet et ses objectifs.
COMMENT EST NÉ CE PROJET ?
Il est né d'une épreuve personnelle : ma fille (la créatrice de contenus Miel Abitbol, ndlr) a connu à l'adolescence un parcours compliqué, des troubles dépressifs, alimentaires, et des idées suicidaires. On s'est rendus compte en tant que parents à quel point on pouvait être démunis face à cette situation. L'idée de Lyynk est venue d'elle, et en tant que jeune retraité de la tech, le développement d'une application me parlait, et ce projet avait surtout beaucoup de sens.
QUEL EST L'OBJECTIF ?
L'objectif est d'offrir aux jeunes une safe place, un endroit où ils peuvent extérioriser ce qu'ils vivent, mais aussi se fixer des objectifs, avoir un suivi de leur humeur, de leur alimentation, et développer des stratégies et des outils pour aller mieux. On a aussi voulu impliquer les adultes, pour recréer du lien, grâce à des fonctionnalités interactives, des échanges et de la sensibilisation à la parentalité. On espère permettre d'éviter aux autres ce que l'on a vécu et faire de la santé mentale un sujet pour tous. Aujourd'hui, nous avons 50 000 utilisateurs réguliers, dont 40 % de lycéens, 40 % de collégiens, et 20 % d'étudiants ou de jeunes adultes.
COMMENT QUALIFIER L'ÉTAT DE LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES ?
On s'est rendus compte de l'ampleur du sujet au lancement de l'application, qui a connu plus de 150 000 téléchargements en 24h. Le niveau de détresse est vraiment très élevé. La santé mentale est la grande cause nationale. Nous avons été reçus et soutenus par le Président et auditionnés au CESE mais, pour nous, la situation est vraiment trop urgente. On travaille, en collaboration avec des professionnels de santé, sur des programmes pour les écoles ou sur les liens avec les psychologues et psychiatres. Un nouvel espace bien-être, où l'on peut travailler la respiration ou créer des routines, est même disponible dès aujourd'hui sur l'application.
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