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Vendredi 1 août

Restitution des biens coloniaux : un projet de loi pour assouplir les règles

La restitution des œuvres se heurte au principe d'inaliénabilité des collections publiques françaises (crédit : Adobe Stock).

Présenté mercredi en Conseil des ministres, un projet de loi entend faciliter la restitution des biens culturels acquis durant la colonisation. Il vise à contourner l’obstacle juridique majeur : le principe d’inaliénabilité des collections publiques.

Un cadre juridique contraignant

  • En France, les biens culturels appartenant aux collections publiques sont protégés par le principe d’inaliénabilité : ils ne peuvent être cédés sans une loi spécifique. Ce principe est garanti par la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, qui s'inspire d'une obligation remontant à l'Ancien Régime.
  • C’est pourquoi les rares restitutions intervenues ces dernières années – comme celles au Bénin ou au Sénégal – ont nécessité un vote du Parlement.
  • Ce processus long et complexe freine de nombreuses démarches de rétrocession.

Un dispositif plus souple

  • Le projet de loi présenté ce mercredi propose de créer un régime d’exception, permettant le déclassement par décret en Conseil d’État, sur avis scientifique. Il sera examiné au Sénat à partir de septembre.
  • L’objectif : sortir du traitement au cas par cas pour répondre plus efficacement aux demandes de plusieurs États, notamment africains.
  • Dix pays, dont l’Algérie, le Tchad ou Madagascar, ont déjà formulé des requêtes portant sur des centaines d’objets.

Une exigence de rigueur

  • Le texte fait suite à une première tentative abandonnée en 2024, jugée juridiquement fragile. Il s’accompagne désormais de garanties : chaque restitution devra s’appuyer sur une expertise historique et scientifique.
  • Une précaution saluée par plusieurs parlementaires, soucieux d’éviter toute rétrocession hâtive ou politiquement instrumentalisée.
  • L'objectif est de s'assurer du caractère objectivement spoliateur de l'acquisition du bien : bon nombre d'entre eux furent en effet acquis dans le cadre d'un échange commercial ou d'un troc, et ne peuvent pas, de fait, faire l'objet d'une restitution.
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