A Saint-Raphaël, la mémoire du Débarquement 🎖️
Moins connu que l'opération Overlord en Normandie, le débarquement de Provence - auquel les armées françaises ont largement participé le 15 août 1944, a joué un rôle décisif dans la Libération. Frédéric Masquelier, maire de Saint-Raphaël (Var), souligne l'impact mémoriel de cet épisode glorieux.
Saint-Raphaël et ses environs furent l'un des secteurs clés du débarquement de Provence...
« Le 15 Août 1944, l’opération « Dragoon » est lancée. Pas moins de 29820 hommes de la 36e division d’infanterie du Texas, embarqués sur 94 navires, lancent l’assaut à 8h00 sur la plage du Dramont à Saint-Raphaël, choisie car le sous-directeur des carrières de Porphyre du site avait obtenu de l’occupant allemand qu’il ne mine pas la plage pour protéger ses ouvriers. Membre du renseignement britannique, il en avait informé les alliés.
Dans le même temps, une unité de 860 hommes prenait possession de la plage stratégique d’Anthéor afin de détruire le viaduc ferroviaire, empêchant l’arrivée de renforts allemands depuis les Alpes-Maritimes. Au soir du 16 Août, Saint-Raphaël et Fréjus sont libérés. »
Quelles sont les traces de cette journée dans le patrimoine local ?
« La plage du débarquement est un lieu vivant qui aux côtés du chemin de mémoire et de la barge présente sur site accueillera en 2027 un espace muséal du débarquement.
La nécropole nationale de Boulouris inaugurée en 1964 par le Général de Gaulle accueille les sépultures de soldats de l’Armée française qui débarquèrent avec le général de Lattre de Tassigny le 16 Août 1944. C’est un lieu majeur de recueillement.
Les épaves qui gisent le long de nos côtes et les stèles à la mémoire des aviateurs décédés dans la préparation du débarquement, une stèle dédiés aux héros de la résistance, tout cela fait partie de notre patrimoine mémoriel. »
Vous attachez beaucoup d'importance à la transmission de la mémoire : pourquoi ?
« On ne peut tracer un chemin que si l’on sait d’où l’on vient. Je considère qu’il est de notre devoir d’expliquer le passé pour mieux transmettre aux jeunes générations les valeurs de liberté, de courage et de tolérance.
Jean d’Ormesson écrivait : « Il y a quelque chose de plus fort que la mort, c’est la présence des absents dans la mémoire des vivants ». C’est pour cela aussi que nous devons transmettre cette mémoire des hommes et des femmes qui ont combattu pour défendre un mode de vie et des idées. »
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