Français d'Algérie : une mémoire à préserver et à transmettre 🪬
Le Cercle Algérianiste, qui œuvre à la sauvegarde et à la promotion de la culture des "pieds-noirs", se réunit en congrès ce week-end à Perpignan (Pyrénées-Orientales), où le Centre de documentation des Français d'Algérie (CDFA) préserve la mémoire d'une histoire longue de 132 ans. Rencontre avec la présidente du cercle, Suzy Simon-Nicaise.
Dans quelle histoire le CFDA trouve t-il son origine ?
« Après l'indépendance de l'Algérie, en 1962, près d'un million de Français d'Algérie - on les appelle aussi rapatriés ou "pieds-noirs" - ont choisi la valise pour éviter le cercueil. Ils ont réussi à s'intégrer magistralement dans une métropole qui bien souvent ne voulait pas d'eux.
Dans leurs bagages et dans leur mémoire, ils ont rapporté les souvenirs d'une présence qui a duré 132 ans et qui a forgé une culture singulière, irremplaçable, qui a beaucoup à nous apprendre. Ainsi, dès la fondation du Cercle en 1974, il a été prévu de créer une structure pour la préserver. »
Que peut-on découvrir au CFDA ?
« D'innombrables pièces ont été recueillies, classées, archivées pendant des années, avant d'être réunies dans les murs du CDFA, inauguré en 2012 par le ministre de la Défense d'alors, Gérard Longuet.
C'est une mine qui fait revivre ce qu'était l'Algérie du temps de la France, depuis la boîte d'allumettes anodine, jusqu'à la peinture d'époque, en passant par 10 000 ouvrages des journaux, des cartes postales, des correspondances, des affiches, du mobilier, des uniformes, des pièces artisanales. Au total, nous comptons 850 mètres linéaires d'archives ! »
Quels sont les enjeux qui occupent le centre aujourd'hui ?
« J'en retiens deux principaux. Il s'agit tout d'abord de préserver une mémoire et un patrimoine pour tous les Français et pas seulement pour les rapatriés et leurs descendants. Notre pays doit énormément à ces derniers, comme en témoigne le rayonnement intact du plus célèbre d'entre eux, Albert Camus.
Le second est de faire vivre cet héritage. Bien sûr, il y a une dimension muséale très forte au CFDA, mais c'est aussi un lieu où de plus en plus de chercheurs et de journalistes, venus parfois de très loin, viennent travailler. Il n'échappera à personne que le lien entre la France et l'Algérie, aussi délicat soit-il parfois, reste très fort. Le CFDA est devenu un lieu majeur pour mieux le comprendre et pour réfléchir à l'avenir. »
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