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Vendredi 17 avril

Paris : un immeuble témoin de l'architecture des Trente Glorieuses

Les artistes du quartier on été relogés dans l'angle du bâtiment visible ici (crédit : Wikicommons).

À Paris, l'immeuble Mouchotte n’est pas seulement un immeuble de logements : c’est une pièce majeure de l’urbanisme du XXe siècle, aujourd’hui rattrapée par un projet de rénovation qui inquiète ses habitants.

Un bâtiment singulier

  • L’immeuble Maine-Montparnasse II, plus connu sous le nom de Mouchotte, s’inscrit dans la grande opération de rénovation du quartier Montparnasse menée à partir de la fin des années 1950.
  • Construit entre 1959 et 1966, il répondait à un programme ambitieux de logements modernes au cœur d’un secteur bouleversé par l’arrivée de la gare et par l’urbanisme des Trente Glorieuses.
  • Avec ses 18 étages, ses 88 000 m2 et ses 753 logements, il est souvent présenté comme le plus grand immeuble d’habitation de Paris.

Témoin du passé

  • Son architecte, Jean Dubuisson, est une figure de l’urbanisme des Trente Glorieuses.
  • Il a été formé à l’École d’architecture de Lille puis à Paris, et a grandi dans une famille d’architectes, ce qui structure son regard sur la ville moderne et la question du logement collectif.
  • Ici, il a pensé une barre fine, organisée autour d’appartements traversants et de typologies variées, du studio au duplex, avec une aile complète pensée pour accueillir des artistes.
  • Le bâtiment se distingue surtout par ses façades en aluminium et verre, structurées par une trame verticale et horizontale que Dubuisson comparait à un tissu écossais.
  • Cette conception caractéristique des années 1960 lui a valu le label Patrimoine du XXe siècle, devenu Architecture contemporaine remarquable.

Et aujourd'hui ?

  • La partie du 26 rue du Commandant-René-Mouchotte, dont le diagnostic DPE a été classé F, est considérée comme une passoire thermique, ce qui impose une rénovation énergétique.
  • Une pétition, dénonçant une perte irréversible de l’identité architecturale du lieu, a été lancé par l'association Sauvons Mouchotte, et a récolté à ce jour plus de 12 000 signatures.
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