« Le projet de Napoléon III, c'est d'élever tout le monde vers le haut » 👑
Méconnu, toujours marqué par les critiques féroces de Victor Hugo, Napoléon III a été injustement traité. Le prince Joachim Murat lui rend justice dans Napoléon III, l'incompris (Odile Jacob) co-écrit avec Olivier Pastré. Rencontre.
Quel patrimoine devons-nous à Napoléon III ?
« Je songe pour commencer au patrimoine industriel dans tous les sens du terme : des infrastructures vertigineuses, des canaux creusés sur tout le territoire, des lignes de chemin de fer et des ouvrages d'art, des ports - comme ceux de Marseille, mais aussi de Dakar, d'Alger ou d'Hanoï.
Il faut dire qu'à l'époque, la France connaît une telle prospérité qu'il est possible de se lancer dans de telles entreprises.
Pour les expositions universelles de 1855 et 1867, on construit des palais d'acier gigantesques, magnifiques, et pourtant on les démonte sans hésiter dans la foulée. C'est révélateur de l'état d'esprit qui prévaut ! »
Paris ne serait pas Paris sans Napoléon III...
« Paris est la plus belle œuvre d'art léguée par Napoléon III. On parle souvent du "Paris haussmannien" mais c'est une manipulation sémantique de la IIIe République pour faire oublier l'Empire.
C'est bien Napoléon qui a dessiné les avenues, qui en a déterminé la largeur, qui a précisé l'espacement des arbres, qui a conçu les grands parcs - les Buttes Chaumont, les bois de Vincennes et de Boulogne - et a imposé un square au minimum par arrondissement.
On pourrait encore ajouter les grandes gares, le Cirque d'Hiver et bien sûr l'Opéra Garnier. Haussmann était un génie total, mais il faut parler du Paris napoléonien, plutôt que du Paris haussmannien. »
Napoléon III était-il un empereur mécène ?
« Non, c'est différent : c'est un saint-simonien. Il a une vision très sociale des choses parce qu'il veut la paix sociale.
Prenons l'exemple de ces restaurants que l'on appelle les "bouillons". Ils ont été voulus par l'Empereur pour que les ouvriers puissent se nourrir à un prix dérisoire, mais il avait tenu à ce que le cadre de ces repas soit magnifique, comme on peut toujours le constater au Bouillon Chartier à Paris par exemple.
Il faut que cela soit beau, car le projet de Napoléon, c'est d'élever tout le monde vers le haut. En cela, Napoléon est très... bonapartiste ! »
📚 Napoléon III, l'incompris de Joachim Murat et Olivier Pastré, Odile Jacob, 224 p., 22,90 euros. Pour feuilleter l'ouvrage sur le site de l'éditeur, suivez ce lien.
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