Rennes : au Musée de Bretagne, une nouvelle exposition permanente consacrée à l'Affaire Dreyfus à Rennes
L’exposition permanente sur Alfred Dreyfus au Musée de Bretagne fait peau neuve. Une volonté : rappeler que derrière l’Affaire, il y avait un homme, explique la conservatrice Laurence Prod'homme.
Comment s'est constitué le fonds Dreyfus du Musée de Bretagne ?
« Les premières expositions étaient très modestes. Le musée ne possédait alors que quelques cartes postales et photographies collectées dès 1899. C'est en développant des expositions temporaires que des liens se sont noués avec la famille Dreyfus. 2 figures ont joué un rôle déterminant : le conservateur Jean-Yves Veillard, à l'origine des premiers contacts avec les descendants d'Alfred Dreyfus, et Edmond Hervé, alors maire de Rennes. De prêts, nous sommes passés à des dons, notamment celui de Jeanne Lévy, fille d'Alfred et Lucie Dreyfus, comprenant plus de 4 000 lettres. D'autres membres de la famille ont contribué à enrichir cet ensemble, tandis que le musée poursuivait des acquisitions. Aujourd'hui, avec près de 8 000 documents et ouvrages, nous disposons d'un fonds exceptionnel. »
Que découvriront les visiteurs dans cette nouvelle exposition ?
« Nous avons voulu redonner une place à Alfred Dreyfus lui-même. On parle souvent de l'Affaire en oubliant qu'il y a derrière un homme emprisonné près de 5 ans dans des conditions effroyables. L'exposition s'ouvre ainsi sur sa vie, ses origines alsaciennes et son engagement militaire, incarnés par la reconstitution de son uniforme et de son képi. Ses propres écrits ponctuent également le parcours. Si nous présentons journaux, affiches, photographies, sculptures ou objets liés à l'antisémitisme ordinaire, nous avons aussi imaginé un « salon de Lucie », où les visiteurs pourront écouter et consulter des lettres de soutien venues du monde entier. Cette correspondance, très émouvante, rappelle l'importance de ces amis inconnus de Dreyfus. »
Pourquoi cette affaire résonne-t-elle encore aujourd'hui ?
« L'affaire Dreyfus éclaire les mécanismes de désinformation. À travers des dispositifs interactifs, nous montrons comment un titre, une caricature ou un récit peuvent orienter la perception d'un événement. Le camp antidreyfusard a largement diffusé de fausses informations, mais il y eut aussi des rumeurs lancées par les soutiens de Dreyfus, comme celle de sa prétendue évasion pour éviter qu'on ne l'oublie. Cette histoire rappelle combien il est essentiel d'exercer son esprit critique face aux informations qui circulent. »
👉 L'entrée est libre et gratuite.
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