Jeudi 11 juin
Emmanuel Marx : “Penser l’habitat de demain”
Rédigé par Chloé Boudon
L'association Réhabiter a accompagné plus d’une vingtaine de projets depuis sa création (Crédit : Emmanuel Marx).
L’association Réhabiter, qui accompagne les projets d’habitat participatif, organise aujourd'hui deux réunions destinées à accueillir de nouveaux participants. À cette occasion, la rédaction a rencontré Emmanuel Marx, directeur de l’association.
Depuis la création de Réhabiter, anciennement Éco-quartier, en 2011, quels sont les changements que vous observez ces dernières années ?
- « Nous pouvons dire que l’immobilier est globalement en crise. Les taux ont augmenté, les prix de la construction ont explosé, ce qui bloque même les professionnels, qu’ils soient promoteurs ou bailleurs sociaux. La possibilité de réaliser des opérations est de plus en plus difficile. Ça a presque doublé en quinze ans. À titre d’exemple, sur les projets livrés en 2014, on était à 3000 euros le m2. On est passés à 4500 voire 5000 euros le m2 ces derniers temps. »
Et au niveau de la demande ?
- « A contrario, la demande est très présente. On a régulièrement des sollicitations, notamment de la part des seniors qui représentent plus de la moitié des personnes qui s’engagent. Car, en plus de l’enjeu premier qu’est l’écologie, il y a une idée d’entraide, de solidarité, et l’envie de nourrir des relations de proximité. »
- « Pour pallier la crise économique, les citoyens font le travail des promoteurs, et réinvestissent dans la qualité des espaces communs, dans les matériaux de ré-usage, dans l’économie circulaire… On assiste à un mouvement porté sur l’ancien et la rénovation. Ils sont beaucoup plus intéressés de partir de biens qui existent déjà, toujours dans cet esprit de ne pas construire, mais de prendre soin. »
Où en sont vos projets ?
- « Tant que les groupes ne sont pas au complet, ils sont coincés car la prise de risque est trop grande, c’est pour ça qu’on organise des « speed dating » comme aujourd’hui. En ce qui concerne les zones géographiques, en France, on est à égalité entre les projets urbains et ruraux. On commence à prendre cette tendance en Alsace, avec des projets dans la Vallée de Schirmeck ou encore à Wissembourg. »
- « À Strasbourg, la moitié des projets sont entre les quartiers du Neudorf et Danube. Ça reste compliqué de les produire en deuxième couronne, et les quartiers en extension vont à l’encontre de l’idée première de l’habitat participatif. Sur les objectifs, on souhaite accompagner le vieillissement de la population, en pensant à l'habitat autrement. On regarde aussi ce qui se fait de différent comme les tiny house, habitat léger et réversible, sans conséquences sur les terrains. Et enfin, on aimerait mettre en place une offre non spéculative pour répondre aux problèmes du marché immobilier. »
S'INFORMER : Pour en savoir plus sur Réhabiter ou pour participer aux prochaines réunions, rendez-vous ici.
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