L'entretien : Hafsia Herzi, réalisatrice de "La Petite Dernière
Son film La Petite Dernière, tourné en partie dans le Grand Est et qui sort aujourd’hui en salle, met en lumière Nadia Melliti, récompensée par le Prix d’interprétation féminine à Cannes.
Comment s’est déroulé le tournage ?
« On a tourné l’année dernière à Nancy et on a fini au mois de juillet. On a trouvé beaucoup de techniciens à Strasbourg, parce qu’à Nancy, il y en a moins. Et puis, pour bénéficier des financements, il faut qu’une partie de l’équipe vienne de la région. Je trouve ça normal, ça permet de rencontrer des gens et de travailler ensemble. »
Le film compte aussi une actrice alsacienne...
« Oui, Jade Fehlmann, qui habite près d’ici. C’était vraiment par hasard, je l’ai castée sans savoir qu’elle venait du coin. On a discuté et elle m’a dit qu’elle habitait dans la région. C’est sa première expérience au cinéma, et elle s’en est très bien sortie. Il y a aussi eu d’autres petits rôles comme celui confié à une habilleuse de Strasbourg. »
Comment est née l’idée du film ?
« Des producteurs m'ont proposé d’adapter le roman de Fatima Daas, et j’ai tout de suite accepté parce que l’histoire m’a touchée. Le film raconte le parcours d’une jeune femme, Fatima, inspirée de sa propre vie. C’est une histoire intime, ancrée dans mes origines maghrébines, mais universelle dans ce qu’elle dit de la force et du silence. Je ne pouvais pas imaginer changer l’identité de ce personnage, parce que ce sont aussi mes origines, ce que je connais et ce que je porte. Et c'est rare de voir un personnage comme celui-ci au cinéma »
Votre écriture s’inspire-t-elle de votre propre vécu ?
« Il y a toujours un peu de soi, c’est sûr. Peu importe le scénario, on injecte forcément des choses qu’on a vécues ou ressenties. Dans mes films, les personnages se ressemblent souvent : elles parlent peu, elles pensent beaucoup. J’aime écrire sur cette intériorité-là, même si je fais aussi beaucoup de recherches pour m’en détacher. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Strasbourg