Le portrait : Angélique Kidjo, la voix engagée du jazz 🎤
Angélique Kidjo, chanteuse et autrice-compositrice béninoise récompensée par cinq Grammy Awards, figure à l’affiche de la 15e édition du Wolfi Jazz, qui débute ce mercredi.
Ses débuts
Elle intègre la troupe théâtrale de sa mère à l’âge de 6 ans. « Elle avait écrit une pièce qui durait au moins trois heures, sur la vie du roi Akaba, raconte-t-elle. Elle allait chercher des chants un peu partout — des chants de femmes, de village, de cérémonie, et elle ramenait ça à la maison. »
Elle enregistre quelques morceaux grâce à ses frères avant de devoir quitter le Bénin, alors perturbé par les tensions politiques de l’époque. En 1980, elle sort son premier album Pretty, uniquement en Afrique, et devient vite une célébrité régionale.
La chanteuse arrive à Paris en 1983, où elle intègre le Centre d’informations musicales. Sa carrière décolle dans les années 90, à la sortie de son premier album international Parakou. Elle enchaîne les succès comme son titre Agolo, qui l’a propulsée sur la scène internationale, ou encore les albums Djin Djin (2007) et Mother Nature (2021), qui lui ont permis de remporter deux Grammys. La chanteuse collabore également avec des artistes comme Tina Turner, Sting ou encore John Legend.
Une artiste engagée
Angélique Kidjo ne se destinait pourtant pas à une carrière musicale, ayant longtemps souhaité devenir avocate spécialisée en droits humains. « Quand on m’a dit qu’il fallait étudier les sciences politiques, j’ai répondu : “Non. Moi je ne peux pas faire de politique”. Je venais d’un pays de dictature, et rien que le mot ça me faisait des nœuds au ventre. ». Toujours engagée dans ce combat, elle devient ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF en 2002.
Elle crée ensuite la Fondation Batonga en 2006, qui œuvre pour offrir des bourses d’études aux jeunes filles en difficulté. « La justice, la santé et l’éducation ne sont pas à vendre », souligne-t-elle. « Il y a des choses fondamentales que le gouvernement doit garantir. On vit dans un monde où on a posé des principes mais où personne ne les respecte. Donc tout ça, oui, je le chante. »
Partager sa musique au monde
Présente pour la première fois sur la scène du Wolfijazz dimanche, Angélique Kidjo ne cache pas son amour des festivals. « C’est beaucoup plus convivial et les enfants peuvent y participer. Les exposer à la musique, c’est très important pour leur développement psychique, émotionnel… », estime-t-elle.
« Un festival qui parle de diversité, bien sûr que ça me parle. Ce que le Wolfijazz essaie de mettre en lumière, c’est que cette diversité, c’est notre force. C’est ça, l’humanité.» Angélique Kidjo vit actuellement entre la France et les États-Unis, où elle a pu propulser sa carrière. Elle était déjà venue en Alsace en 2022, sur la scène de la Filature à Mulhouse.
Y ALLER : Dimanche 29 juin à 21h30 sur la scène de l’Esplanade, dans le cadre de la 15e édition du Wolfi Jazz. Programme et billets sur wolfijazz.com.
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