Eurodistrict : vingt ans de coopération franco-allemande
La structure Eurodistrict, composée d’élus allemands et français œuvrant pour la coopération transfrontalière, célèbre ses vingt ans d’existence. À cette occasion, la rédaction de l’Essentiel Strasbourg est allée à la rencontre de Katrin Neuss, secrétaire générale d’Eurodistrict.
Quel est le rôle principal d’Eurodistrict, et comment celui-ci a-t-il évolué en 20 ans ?
« Notre rôle est d’inciter à de nouvelles formes de coopération. À la fin des années 2000, nous étions davantage portés sur l’aspect économique, sur l’emploi transfrontalier. Les problématiques ont évolué avec le temps et, désormais, nous nous recentrons sur les projets de rencontres, les échanges sociaux et culturels, le bilinguisme, les associations, les clubs… »
« Nous n’avons pas mis de côté le reste, comme la santé, la prévention, mais facilitons les projets émergents de la société civile avec 3 millions d’euros alloués aux rencontres franco-allemandes sur les vingt dernières années. »
Sur quel axe allez-vous vous pencher pour l’avenir ?
« Le plus important reste la mobilité. C’est d’autant plus compliqué pour nous car nous avons le Rhin, et cette mobilité doit se faire via les ponts que nous avons. C’est la condition de base pour permettre toute sorte de coopération. »
« Nous avons déjà fait grandement avancer les choses avec la première ligne de bus Erstein-Lahr. Il y a des problèmes concrets rencontrés par les transfrontaliers, comme les tarifs qui ne sont pas les mêmes dans les transports en commun, d’un côté et de l'autre du Rhin. C’est quelque chose d’incompréhensible pour les usagers et nous devons travailler sur une meilleure cohésion. »
Pourquoi est-ce important de maintenir une structure comme l'Eurodistrict ?
« Il y a deux raisons. La première est que les gens doivent comprendre la valeur de l’Europe et des échanges, et cela ne peut se faire qu’en commençant par un niveau local et concret. Montrer qu’on a un bassin de vie partagé et que réfléchir à des solutions à deux est bien plus facile. »
« Et deuxièmement, je pense que ne pas défendre l’Europe dans l’époque dans laquelle on vit est un problème. Enfin, nous faisons aussi office de porte-parole, avec l’exemple notamment de la reprise des contrôles à la frontière décidée par le gouvernement allemand. Nous avons fait remonter le mécontentement et l’agacement des citoyens, même si nous ne pouvons pas agir sur cette décision. »
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