- L’histoire du Star, qui fait partie de sa vie depuis 2005, se déroule dans un contexte où le paysage du cinéma strasbourgeois a été bouleversé.
- « L’ouverture de l’UGC Ciné Cité, alors présenté comme le plus grand cinéma d’Europe, a marqué un tournant et provoqué la fermeture de plusieurs salles du centre-ville », rappelle-t-il.
Lundi 6 octobre
Stéphane Libs, des travaux en cinémascope
Rédigé par S.G.
L'exploitant indépendant des deux cinémas d'art et d'essai maintient un cap ambitieux (Crédit : S.G.).
Le Cinéma Star Saint-Exupéry a baissé le rideau dimanche soir pour dix-huit mois de travaux, sous la conduite de son exploitant Stéphane Libs.
Pour bien comprendre
- À 57 ans, Stéphane Libs s’apprête à diriger la plus vaste rénovation jamais entreprise dans l’histoire du cinéma Star Saint-Exupéry, situé au 18 rue du 22-Novembre.
- Le chantier entraînera une fermeture estimée à 18 mois, même si l’exploitant indépendant reste prudent face aux imprévus.
- « On est toujours sur une base de 18 mois, mais les surprises viendront probablement avec le démontage du bâtiment. », estime-t-il.
Le contexte
- Né à Mulhouse, Stéphane Libs a grandi dans le quartier Brossolette, où il découvrait le cinéma dans une petite salle associative, le Pax.
- « C’était un abri, un lieu où je me sentais bien », confie-t-il. Après des études de droit à Strasbourg puis un passage à Paris, il revient en Alsace, où il a effectué son service en tant qu’objecteur de conscience.
- Il reprend dans les années 1990 un premier cinéma de quartier à Mulhouse, le Bel-Air, avant de rejoindre la capitale alsacienne et de se lancer dans l’exploitation du cinéma d'art et d'essai, le Star et ses cinq écrans de la rue du Jeu-des-Enfants
- « Je ne savais pas ce que c’était un distributeur ou un ayant droit, j’ai tout appris sur le tas »,se souvient-il. René Letzgus, qui exploitait le cinéma, l'a épaulé durant cette période.
Entre les lignes
- Pour faire face, l’ancien cinéma de l’Étoile s’est transformé en Star Saint-Exupéry, développant une programmation axée sur l’art et essai et les films en version originale.
- Aujourd’hui, Stéphane Libs veut offrir un lieu plus ouvert, avec des espaces de convivialité.
- « J’aimerais que le cinéma donne envie d’y venir, pas seulement pour les films, et aussi d'y rester après les séances », affirme-t-il.
Le projet
- L’opération de rénovation, indispensable après des années de dégâts des eaux et de pannes électriques, mobilise un budget conséquent.
- L’entrée principale du cinéma sera située rue de la Vignette, à l’emplacement de l’actuelle sortie.
- Le café attenant, le 7e art, sera également rénové en parallèle, avec son propre budget.
- La Ville de Strasbourg, propriétaire des murs, engage 4 millions d’euros, tandis que le cinéma doit réunir 1,5 million d'euros.
- Pour y parvenir, Stéphane Libs combine un emprunt de 450 000 euros, un apport personnel équivalent, ainsi que des aides de 300 000 euros du CNC et 100 000 euros de la Région Grand Est. « Il manque encore environ 200 000 euros, mais nous avons du temps pour ajuster et trouver des solutions », précise-t-il. Suspense.
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