L'entretien Jean de Miscault, écrivain
Il a récemment publié son 2e roman Un balcon au paradis. Il retrace la vie de Louis, un vigneron de montagne dont le quotidien bascule lorsqu’il rejoint un convoi humanitaire vers l’Arménie, un an après le séisme de 1988. Ce voyage réveille en lui des souvenirs enfouis et des fautes anciennes.
Votre roman mêle montagne, mémoire et voyage. Comment est née cette histoire ?
« Tout est parti d’un lieu. La rencontre entre cet homme et cette montagne perchée à mille mètres d’altitude des Alpes du Sud a déclenché l’écriture. Louis est né de ce décor, marqué par la solitude et la rudesse du paysage. Il est orageux, méfiant, bourru mais pas bête. Cette petite maison, collée aux autres comme une maison vigneronne et située un peu plus haut que la mienne, a inspiré l’atmosphère du récit. »
Le livre s’appuie sur un voyage humanitaire. Quelle part de vérité et d’imagination avez-vous voulu préserver dans ce récit ?
« Le seul élément vrai, c’est le voyage que j'ai fait en tant que journaliste. On est parti de Lyon fin décembre 1989, presque pile un an après le tremblement de terre du 7 décembre 1988. Mais c’est une œuvre d’imagination : les lieux, la toponymie, je les ai réinventés y compris la géographie. Je voulais un récit des effondrements : celui du bloc soviétique, celui de l’Arménie, et le bouleversement intérieur du personnage. »
Vous évoquez en filigrane votre lien avec Strasbourg et l’Alsace à travers un personnage...
« Strasbourg, c’est un lien indéfectible. J’ai vécu plus de vingt ans en Alsace, je ne suis jamais resté aussi longtemps au même endroit de ma vie. J’ai une grand-mère alsacienne, des Wurtembergeois installés en Alsace au XVIIe siècle. Mon père était dans la 2e DB de Leclerc et il a été un des premiers commandants de chars à entrer dans Strasbourg le 22 novembre 1944. C’est une région que j’aime beaucoup, à laquelle je reste attaché, et qui fait partie de moi. »
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