Le portrait : Alain Berizzi, chineur arty
Dans le cadre de ses portraits du lundi, la rédaction de l’Essentiel Strasbourg est allée à la rencontre d’Alain Berizzi, fondateur du lieu d’exposition la Trézorerie, à Strasbourg.
La genèse
Après des études en arts décoratifs à Strasbourg, Alain Berizzi lance son agence de communication en 2014. Après le Covid, alors que l’agence déménage et s’installe au 35 rue du Fossé des Treize, Alain et sa femme, Nathalie Berizzi Graux, créent un espace événementiel : la Trézorerie. « En sortie Covid, la relation client s’est transformée, je me sentais en fin de vie sur ce projet de communication. J’étais à la recherche d’un lieu de référence pour se raccrocher à l’humain, et en lien avec les intérêts de ma femme et moi : la collection. Depuis une vingtaine d’années, je collectionne des gravures, des peintures, des figurines, en lien avec l’histoire mondiale. C’était le moment de me retrouver et d’assumer cette pathologie de la collection », explique Alain Berizzi.
Le lieu
Depuis l’ouverture de la Trézorerie, Alain et Nathalie ont à cœur de trouver, préserver et valoriser divers objets, des lettres d’un homme interné à l’asile civil, en passant par les archives d’un ancien atelier photographique alsacien. « Ce sont des choses achetées, déposées ou trouvées sur les marchés aux puces ou brocantes, dont on fait l’étude avant de les présenter au grand public. C’est un travail de longue haleine, pour mettre à l’honneur l’histoire qui se cache derrière chaque objet », poursuit le fondateur.
« Pour les prochaines expositions, on va notamment mettre en avant le travail de notre ami décédé, Ivan Epp, collectionneur de documents d’identité au mois de septembre. En octobre, on s’engage avec les archives de la Ville de Strasbourg autour d’un plan national pour la valorisation de la photographie et, pour 2027, on a le projet Heimatfront, sur un fonds photographique familial d’un alsacien incorporé dans l’armée allemande en 1914 », détaille Alain Berizzi.
Et après ?
Pour permettre une meilleure visibilité de leurs actions, le couple a également cofondé l’association Collec’te, en lien direct avec la Trézorerie, il y a un an désormais.
« On est sept membres fondateurs, entre Strasbourg et Paris. On a compris que le projet privé de la Trézorerie avait du mal à trouver sa place auprès des structures culturelles et des organismes de l’État. L’association porte plus facilement ce message de préservation et de valorisation des collections », déclare Alain Berizzi.
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