Votre avis compte. Alexandre Feltz : « S’interroger collectivement sur la consommation de tabac »
l’Essentiel Strasbourg a donné la parole à ses lecteurs. À la question « Profitez-vous du mois sans tabac pour arrêter de fumer ? », les avis sont assez unanimes : 29,4% affirment profiter de ce mois sans tabac pour arrêter de fumer. Quant aux 70,6% ayant répondu « non », la plupart ont déclaré être non-fumeurs ou avoir déjà arrêté. La rédaction est allée à la rencontre d’Alexandre Feltz, médecin généraliste, addictologue et adjoint au maire chargé de la santé publique et environnementale, pour le faire réagir aux résultats obtenus.
Qu’est-ce que ces résultats vous évoquent ?
« C’est énorme. Cela prouve deux choses : qu'une grande majorité des gens qui fument souhaitent arrêter, et que le Mois sans tabac fonctionne. Cette campagne permet de sortir d’une pratique individuelle pour s’interroger collectivement : est-ce que je veux continuer à consommer du tabac ? Et elle a montré son efficacité dans de nombreuses études scientifiques. »
Pourquoi ces moments de réflexion sont-ils importants ?
« Le tabac est un produit qui crée une dépendance, promu par l’industrie la moins éthique et la plus mortifère pour la population. Au niveau santé, le tabac est dramatique, et les Français sont encore très nombreux à en consommer. On se maintient à 20% de la population il me semble depuis le Covid, contrairement à certains pays comme la Nouvelle-Zélande où moins de 10% de la population fume, par exemple. Et pour la planète, c’est pareil : la culture du tabac entraîne la déforestation et abîme les sols, sans parler des dégâts des mégots dans les eaux, pour une consommation inutile puisqu’elle ne nous nourrit pas. »
Comment s’y prendre quand on a envie d’arrêter de fumer ?
« La meilleure façon d’arrêter est d’arriver à mobiliser quelque chose en soi qui permette d’aller vers un changement. Et c’est pareil pour tout : le tabac, l’alimentation, les drogues, l’alcool… La prise de conscience est essentielle : réaliser que l'on rencontre une difficulté, puis avoir envie de la changer. Cela peut d’ailleurs être déclenché par le Mois sans tabac. On peut se faire accompagner par des professionnels, des médecins généralistes, des tabacologues, et se tourner vers des solutions comme les patchs de nicotine, l’inhalation, les comprimés dans certains cas. Il y a différentes solutions, selon les besoins. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Strasbourg