L'entretien : « la fin d'une aventure extraordinaire »
Avant de quitter la direction de la scène nationale Châteauvallon-Liberté cet été, Charles Berling a présenté avec entrain la future saison de cette institution culturelle. Et a aussi répondu aux questions de l'Essentiel Toulon.
Quel est votre état d'esprit ?
« Je ressens beaucoup d'émotions. C'est normal, car c'est la fin d'une aventure extraordinaire. Voir l'amphithéâtre de Châteauvallon rempli et constater que les gens ont toujours envie de spectacles vivants me réjouit énormément. J’ai toujours défendu une programmation diverse, en lien avec la société qui nous entoure, avec des spectacles qui ne cherchent pas seulement à plaire mais aussi à questionner. Je suis très heureux d'avoir accompli tout cela mais aussi très heureux de passer la main. Je pense que 15 ans, pour servir une ville, c'est bien. Après, le pouvoir ça doit se passer. »
Qu'allez-vous faire ensuite ?
« Je quitte les effectifs à la fin du mois d'août. Je vais pouvoir retrouver mon activité d’artiste, même si je ne l'ai jamais totalement abandonnée. Et prendre plus de temps pour les choses que j'aime faire, notamment de la voile. »
Justement, l'artiste que vous êtes a de beaux projets. Lesquels ?
« Je continue mon travail autour des textes de Lars Norén qui est un grand auteur suédois qui a écrit des tragi-comédies qui raconte l’être humain avec beaucoup de lucidité, de l’humour noir et une certaine violence. Cela fait plus de 3 ans que nous travaillons en équipe sur 2 pièces. La première, C'est si simple l'amour, continue d'être jouée à Paris. La deuxième, Lost and Found, sera présentée au Théâtre Liberté en octobre. Elle s’intéresse davantage aux liens familiaux. Avec l'Opéra de Toulon, je mets en scène Histoire du soldat, qui est une œuvre qui me plaît énormément dans laquelle je joue également. Et je vais tourner aussi un film au Canada... »
Et si vous aviez un vœu à faire, pour la suite concernant la scène nationale, quel serait-il ?
« Mon souhait est que ces lieux continuent d’être ce qu’ils doivent être : des espaces où l’on peut s’exprimer librement et où l’on côtoie des personnes différentes de soi. Je trouve cela essentiel aujourd’hui, car il existe de moins en moins d’endroits où les gens sortent de leurs habitudes, de leurs communautés, de leurs réseaux sociaux. Des lieux de rencontre, d’ouverture et d'universalité. »
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