Mercredi 19 novembre
Femme non rééducable
Rédigé par Charline Poullain
Roxane Driay interprète Anna Politkovskaïa, symbole de la lutte pour la liberté de la presse et les droits de l’Homme en Russie (crédit : © Sebastian Gomez Lechaptois).
Cette « femme non rééducable » est la journaliste russe Anna Politkovskaïa, assassinée par le régime de Vladimir Poutine en 2006 pour ses enquêtes en Tchétchénie. En pleine guerre en Ukraine, deux compagnies montent ce spectacle à Toulouse.
Décryptage
- Le texte de l’auteur de théâtre et metteur en scène Stefano Massini, Femme non rééducable, inspire. Deux compagnies le présentent à Toulouse en quelques mois.
- La première, La Portée est programmée quatre soirs de suite à compter d’aujourd’hui à La Cave Poésie.
- Le spectacle mêle théâtre et musique : sur scène, Roxane Driay donne vie à la journaliste russe Anna Politkovskaïa assassinée par le régime en place il y a près de 20 ans. Elle est accompagnée par Jóan Tauveron, musicien et comédien, qui interprète les personnages qu'elle rencontre et crée l'environnement sonore.
En supplément
- Le spectacle est suivi par un bord de scène pour un échange avec le public. Pour la séance de demain, le club de la presse d'Occitanie est à la manœuvre et compte élargir le propos au paysage médiatique russe actuel, qu'il soit dans le pays ou en exil.
- « Nous avons commencé à travailler sur ce texte pendant le Covid, puis on a été rattrapé par la guerre en Ukraine », rappelle Olivier Cotro, chargé de production.
- « Ce texte n'arrête pas de nous surprendre, assure-t-il. Car il évoque la liberté de la presse en Russie, mais aussi au-delà. Comment un journaliste peut-il avoir une parole libre ? À qui appartiennent les médias ? ».
- Du 5 au 6 février, Odyssud programmera à son tour Femme non-reeducable, avec Pierre Berçot et Caroline Rochefort, sur une mise en scène de Tadrina Hocking.
À propos
- Dans les bouillonnantes années 90, Anna Politkovskaïa va à contre-courant de l'opinion publique russe. Elle se rend de nombreuses fois en Tchétchénie pour son média Novaïa Gazeta, le Nouveau Journal (désormais en exil).
- Dans la presse et dans ses livres (Voyage en enfer, journal de Tchétchénie ; Tchétchénie, le déshonneur russe ; La Russie selon Poutine) elle dénonce les violations des droits de l’Homme et les exactions commises par l’armée russe et les milices pro-russes.
- Son travail est récompensé par des prix internationaux, mais la journaliste subit des intimidations dans son pays.
- Anna Politkovskaïa est assassinée par balles dans le hall de son immeuble à Moscou, le 7 octobre 2006.
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