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Vendredi 12 décembre

L'exposition Jean-Charles de Castelbajac aux Abbatoirs

Rédigé par Mathieu Arnal
Jean-Charles de Castelbajac a toujours navigué entre l'art et la mode à l'image de cette collaboration avec Bettina Rheims, Ghislaine Thesmar et les danseuses du ballet de l'Opéra de Paris ( crédit : Bettina Rheims / Adagp).

L’exposition « L’Imagination au pouvoir », qui débute aujourd’hui aux Abattoirs, offre un panorama complet du travail du couturier et artiste, Jean-Charles de Castelbajac. Près de 300 œuvres, vêtements, objets de design, dessins et photographies y sont présentées jusqu’au 23 août 2026.

UN ARTISTE TOUCHE-A-TOUT 

  • Sa carrière débute en 1968 lorsqu’il imagine une première de ligne de prêt-à-porter féminin pour l’entreprise de confection Valmont dirigée par sa mère, qu’il renomme Ko & Co en référence au « chaos » des événements du mois de mai.
  • L’année suivante, il se fait remarquer lors de son premier défilé avec l’utilisation de matières détournées (serpillères, éponges, toiles cirées…) pour ses créations lançant ainsi l’upcycling, concept qui rappelle les expérimentations contemporaines du mouvement de l’Arte Povera ou
    des Nouveaux Réalistes.
  • Il créé ensuite le premier manteau « doudoune » porté notamment par l’actrice américaine Farrah Fawcett dans la série Drôles de dames, et co-fonde la marque Iceberg pour laquelle il dessine, en 1979, les premiers pulls cartoons.
  • Celui qui a été surnommé le Courrèges des années 70 fonde sa maison de couture en 1978 et il en restera à la tête jusqu'en 2016.
  • Il y anticipe le décloisonnement actuel entre l’art et la mode avec de multiples collaborations avec des artistes de toutes disciplines lors de ses défilés.
  • Au début des années 1980, il créé, entre autres, ses premières robes-tableaux peintes par des artistes tels que Annette Messager, Gérard Garouste ou encore Hervé Di Rosa et invente Première, son premier parfum.
  • Dans les années 2010, il développe plusieurs projets d’envergure comme, en 2015, une fresque monumentale à Paris-Orly couvrant plus de 3 200 m2, baptisée Orlove, qui représente des scènes dessinées inspirées par des histoires transmises par les partenaires, passagers et employés de l'aéroport.
  • Il a habillé des mannequins les plus prestigieux, des sportifs avec des collaborations avec des marques de renom comme Rossignol, des artistes comme Johnny Rotten ou Lady Gaga et même le pape lors des JMJ à Paris en 1997 ou la réouverture de Notre-Dame en 2024.
  • Aujourd'hui, son art s’exprime au travers d’installations, de performances, d'oeuvres de street-art à la craie sur les murs, de dessins et de peintures. Avec une prédilection pour une gamme chromatique courte faite de bleu, de jaune et de rouge. 

UN PARCOURS RICHE

  • Une installation spectaculaire de bannières, colorées, floquées d’images et de formes découpées, tendues à des mâts et suspendues sous les dix mètres de la nef des Abattoirs, ouvre
    l’exposition.
  • On retrouve, au cours du parcours muséal, quelques-uns de ses vêtements les plus emblématiques, de son premier manteau conçu à partir de sa couverture de pension à ses collections baptisées « Premier secours » (1999) et « État d’urgence » (2000), réalisées à partir de couvertures de survie, de bandes de gaze ou façon sac de couchage.
  • Castelbajac entretient une relation intime avec l’image qu’il ancre dans son travail en invitant des photographes pour des collaborations prestigieux.
  • Un ensemble de photographies, que l’on retrouve aux Abattoirs, regroupe des portraits représentant des amis, artistes, designers de mode, auteurs ou chanteurs, portant ses créations, tels Andy Warhol, Vivienne Westwood ou Ettore Sottsass. Produites successivement par les photographes Oliviero Toscani (1976), Bettina Rheims (1982) et le duo Tim & Barry (2007), ces trois séries sont réunies pour la 1ère fois aux Abattoirs sous la forme d’une « galerie des illustres ».
  • Que ce soit sur papier, sur tissu, figées à même le mur ou en mouvement, les compositions de Castelbajac allient mots, dessins, formes découpées et photographies dans un geste qui lui
    rappelle celui de sa mère coupant ses vêtements sur les tables de travail.
  • Ces dernières années, cette recherche a donné naissance à un corpus d’œuvres graphiques composé de dessins et de collages, parfois monumentaux que l'on découvre pour la 1ère fois.

 

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