L'Entretien : Dansorama, « un instantané de la création contemporaine »
Directeur de La Place de la Danse, le Centre de développement chorégraphique national de Toulouse, Rostan Chentouf présente Dansorama, le festival de danse contemporaine qui investit Toulouse du 4 au 20 février.
Quel est l’esprit de Dansorama ?
« Dansorama est le festival de danse contemporaine porté par La Place de la Danse, anciennement nommé Ici & Là.
L’idée est de créer un espace-temps condensé pour offrir une vue panoramique sur les danses actuelles en réunissant à Toulouse des artistes internationaux et d’autres programmés pour la première fois sur le territoire. L’objectif est d’offrir au public un instantané de la création contemporaine. »
Quels spectacles conseiller aux néophytes ?
« Pour une première approche, je recommande des pièces de groupe, comme C A R C A Ç A de Marco da Silva Ferreira ou À l’ombre d’un vaste détail, hors tempête de Christian Rizzo : plusieurs corps sur scène permettent d’entrer plus facilement dans l’énergie collective.
Les soirées partagées sont aussi idéales, pour découvrir deux propositions. Par exemple, le 12 février, il y a Quelques choses de Chloé Zamboni puis The body symphonic de Charlie Khalil Prince.
Chaque spectateur construit son propre récit face à une œuvre (…) Il n’y a pas qu’une manière de traverser une expérience esthétique ou sensorielle. C’est ce que je trouve réjouissant. Que l’on soit ému ou indifférent, la danse provoque un état inédit. Même quand on n’aime pas, on se demande pourquoi. La danse amène les personnes à verbaliser. »
Quelle place occupe la danse dans notre société ?
« L’humanité danse depuis la nuit des temps. C’est la pratique sociale la plus répandue, je pense qu’on danse davantage qu’on joue au rugby !
Elle peut permettre à des personnes d’engager des relations de différentes manières. Certains se professionnalisent et vivent ainsi de leur art.
Aujourd’hui, dans un contexte politique préoccupant, où le fascisme gagne du terrain, les artistes ont une importance toute particulière. C’est un acte citoyen de favoriser l’accès à l’art et à la culture, en travaillant sur les verrous, qu'ils soient culturels, économiques ou temporels, qui dévalorisent l’accès à la culture.
La danse permet de créer une alternative, un espace temps où on se retrouve pour intercepter la beauté. Cela peut-être une stratégie de communion, pour créer des espaces et déjouer les replis, l’intolérance et la peur. »
Bonus : Par l'intermédiaire de l'Essentiel Toulouse, Place de la Danse vous fait gagner 2 x 2 places pour La Vie nouvelle le 5 février au Théâtre Sorano. Il suffit de cliquer sur ce lien !
Lire la dernière édition de l'Essentiel Toulouse