Vendredi 25 juillet
Des toiles de Paul Gervais réapparaissent aux Jacobins 🎨
Rédigé par Charline Poullain
Trois toiles ont été enroulées pendant 70 ans autour d'un simple cylindre de bois, sans protection.
Le couvent des Jacobins vous plonge au cœur de l’histoire et de la sauvegarde de toiles de Paul Gervais qui ornaient le café Sion à la Belle Époque. Une visite à ne pas louper.
Décryptage
- Aussi étonnant que cela puisse paraître, sur le sol du réfectoire du couvent des Jacobins repose un triptyque du peintre toulousain Paul Gervais : Cortège bachique, Paysage avec nymphes et satyres et L'Initiation.
- Cette ode à Bacchus, Dieu de l'ivresse et de la fête, a eu toute sa place dans l’un des plus beaux cafés de la Belle Époque : le café Sion.
- Mais les toiles sont en piteux état. « En 1945, le propriétaire les a décrochées et a cherché à les vendre, mais il n'a pas réussi, alors il en a fait don au musée des Augustins », résume Pierre Catalo, chargé des expositions et de la conservation préventive.
- Elles sont restées dans la tribune de l'église jusqu’en 2007, enroulées autour d’un cylindre de bois, pleines de plâtre et non protégées, avant de rejoindre les réserves. Il a fallu attendre 70 ans pour les revoir.
On rembobine
- Lucie Favarel, stagiaire en médiation, assure la visite : « À la Belle Epoque, Toulouse était connue pour ses cafés restaurants : Les Américains, Clémence Isaure, Lafayette... »
- « L’intérieur du café Sion est divisé en trois salles avec un orchestre dans chacune. » Colonnades, dorures, verrières, ferronnerie, lustres monumentaux…
- Le café Sion était l’ancienne boutique du tailleur M. Sion, place Lafayette (actuelle Wilson). Il en fait don à son gendre qui le transforme en café avant de le revendre.
- L’affaire est florissante et s'agrandit, à deux pas de là , au 3 boulevard de Strasbourg (il ne reste qu’un passage). Pour les peintures, il est fait appel à Paul Gervais, déjà connu pour ses œuvres ornant la salle des mariages et celles des Illustres au Capitole.
En toile de fond
- Des visites flash sont assurées du mardi au samedi aux Jacobins pour conter cette histoire. En préambule, un petit film montre le moment où les toiles ont été dépliées de leur cylindre : « On les a déroulées tout doucement », retrace Pierre Catalo.
- L’équipe ouvre des « fenêtres » en dégageant en quelques endroits la poussière et le vernis terni. La couleur réapparaît. « On n’avait jamais vu que des photos en noir et blanc de ces toiles ! ».
- Et ils ont découvert un secret de fabrication… D’un faisceau lumineux, Lucie Favarel indique sur la peinture la plus abîmée, rongée par l’humidité, des lignes trop droites pour être dues aux affres du temps… « Il y a une toile cachée dans deux », dit-elle. Paul Gervais aurait récupéré son œuvre présentée au Salon en 1901 pour en faire deux nouvelles grâce à des rajouts.
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