Lundi 11 août
Le passé explosif de la Cartoucherie 🔥
Rédigé par Charline Poullain
Des visites guidées sont programmées les 14, 24 et 28 août. Avec un arrêt obligatoire devant la fresque historique (crédit Charline Poullain).
Prêts pour une plongée dans l’univers de la Cartoucherie comme l’ont connue les Toulousains des siècles précédents ?
On rembobine
- Le premier arsenal créé à Toulouse à la fin du XVIIIe siècle était dans le quartier du Capitole ! Il déménage suite à une explosion.
- « En 1802, Napoléon demande un terrain à la ville pour réaliser des essais d’armes, c'est le polygone, qui va jusqu'à Purpan », explique Natalia Diaz, guide de la Cartoucherie.
- Un siècle plus tard, « en 1910, le premier meeting aérien a eu lieu ici en août ».
- Puis vient la Première Guerre mondiale et son énorme besoin en armement. « Tout l’espace du polygone se remplit d'ateliers. » Les caisses en bois pour contenir les munitions sont fabriquées là .
- « 55 000 personnes travaillent entre l’arsenal, la cartoucherie et la poudrerie. » Le labeur à l’Atelier de fabrication de Toulouse est pénible, dangereux, et dure de 10 à 14 heures par jour, 6 jours par semaine.
Les munitionnettes
- La moitié des salariés sont des femmes, appelées les munitionnettes. Elles gagnent 50 % de moins que les hommes, puis l’écart est ramené à 20%.
- « Depuis 1874, une loi protège les femmes et les enfants des espaces dangereux, mais ces lois de protection du travail sont abolies avec la guerre », précise la guide.
- « Des études ont été menées sur les femmes enceintes, 49% des accouchements ont lieu avant terme à la cartoucherie, jusqu'à 67% à la poudrerie. » Elles vont obtenir le droit de s'asseoir pendant leur travail…
- Une école et une nurserie sont créées. « À la fin de la guerre, il y avait 160 enfants à l'école de la Cartoucherie. »
Et après
- En 1939, à nouveau, 12 000 personnes sont embauchées pour fabriquer 161 millions de cartouches.
- Mais en 1940, la production est interdite par l’occupant, qui reprendra la fabrication d’armement à son compte deux ans plus tard. Les sabotages se multiplient alors et la productivité chute. Des Résistants tombent. Leurs noms sont inscrits sur un monument à l’arrière de la halle réhabilitée.
- Ville de 70 hectares dans la ville, avec ses voies ferrées, ses habitations, son école, la zone connaît un déclin à partir des années 60. Petit à petit, des surfaces sont rendues à la commune : le jardin Dubarry, la partie du Zénith…
- En 2009, la mairie rachète le terrain, dépollue et détruit, avant la phase de rénovation et de reconstruction de l'eco quartier de la Cartoucherie avec son tiers-lieu dans une ancienne halle.
- Cette histoire, pas si lointaine, est à approfondir sur le site de l’association des anciens de la Cartoucherie de Toulouse.
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