Mercredi 3 décembre
Le 3 décembre 1851 Armand Duportal est arrêté le 3 décembre 1851 pour refusé le coup d'Etat de Louis-Napoléon Bonaparte
Rédigé par Mathieu Arnal
Armand Duportal a manifesté avec plusieurs dizaines de républicains contre le coup d'état du 2 décembre 1851 dans le centre ville de Toulouse (Crédit Photo : Charles Joseph Marrast Ville de Toulouse Archives municipales 1 Fi 12).
Le journaliste et rédacteur en chef du quotidien républicain L’Émancipation est arrêté le lendemain du coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte avant d’être déporté en Algérie. Il devient, par la suite, entre 1876 et 1887, député radical-socialiste de la Haute-Garonne.
L’ARRESTATION
- « M. Bonaparte, traite et parjure, n’est plus qu’un criminel d’État, justiciable de la Haute-Cour nationale ; les citoyens sont tenus de lui refuser obéissance, et quiconque oserait lui prêter assistance deviendrait son complice ». Au matin du 3 décembre 1851, dans les colonnes de L’Émancipation, le journal dirigé par Armand Duportal, plus de 60 républicains appellent le peuple à la résistance au coup d’État de Louis-Napoléon Bonaparte.
- Vers midi, sur la place du Capitole, des manifestants se réunissent et bravent les tirs des militaires.
- Dans l’après-midi, le nouveau préfet de la Haute-Garonne Pierre-Marie Pietri ordonne la perquisition dans les locaux du journal. Armand Duportal et ses collaborateurs sont arrêtés pour « complot contre la sûreté de l’Etat ».
- Le 20 février 1852, il est condamné à la déportation en Algérie. Onze mois plus tard, le 26 janvier 1853, à l’occasion de son mariage, Louis-Napoléon Bonaparte devenu Napoléon III amnistie les condamnés.
UN FERVENT REPUBLICAIN
- En 1832, à dix-huit ans, il collabore déjà au Patriote de Juillet puis écrit pour diverses feuilles sous la monarchie de Juillet, tel Le Gascon. Il participe aussi à l’activité des sociétés secrètes républicaines et socialistes.
- Il participe avec enthousiasme dans les années 1830 à la création de L’Émancipation, organe fondé par le libraire-éditeur Jean-Baptiste Paya, régulièrement traîné en justice pour «excitation à la haine et au mépris du gouvernement du Roi (Louis-Philippe, ndlr) et de provocation à la guerre civile ».
- De retour en France, il relance en 1868 L’Émancipation et installe ses bureaux au 10 bis des allées Lafayette (actuelles allées Jean-Jaurès).
UNE FIGURE DE LA GAUCHE
- Le 4 septembre 1870, jour de la proclamation de la IIIe République, il est nommé par Léon Gambetta, ministre de l’Intérieur du gouvernement de la Défense nationale, préfet de la Haute-Garonne.
- Il dirige, du 25 au 27 mars 1871, la très éphémère insurrection communaliste de Toulouse, calquée sur celle de Paris (du18 mars au 28 mai). Le mouvement est né du rejet de la capitulation de la France face aux armées prussiennes suite à la Guerre franco-prussienne de 1870 et de l’annonce du désarmement de la Garde nationale de Paris par Adolphe Thiers, le « chef du Pouvoir exécutif » (chef de l’État et du gouvernement).
- Le comte Émile de Kératry, envoyé par Thiers, arrive avec 3 escadrons de cavalerie, 600 fantassins et 6 pièces de canon et s’empare de la préfecture et du Capitole sans rencontrer de résistance.
- Redevenu journaliste, il lance en 1872 L’Émancipateur, nouveau nom de L’Émancipation puis devient à partir de 1876, député de la 2e circonscription de Toulouse.
- Ses obsèques qui se déroulent le 7 février 1887 sont suivies par une foule nombreuse jusqu’au cimetière de Terre-Cabade. Deux ans plus tard, la municipalité radical-socialiste lui fait ériger un monument en son honneur.
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