Lundi 16 février
C’est arrivé un 16 février… 1921 : la naissance de René Mauriès
Rédigé par Mathieu Arnal.
René Mauriès a fait sa carrière à La Dépêche du Midi (crédit : Conseil départemental de la Haute-Garonne Archives départementales - Num 1317).
Ce grand reporter et écrivain toulousain (1921-1999) a reçu les prestigieux prix Albert-Londres pour ses sujets sur la guerre du Rif et prix Interallié pour le roman Le Cap de la Gitane.
La genèse
- René Mauriès, fils unique d’instituteurs de Mirandol-Bourgougnac, petit village tarnais au nord-ouest de Carmaux, est promis à une carrière de professeur.
- Son baccalauréat en poche, il suit une année préparatoire au lycée Louis-le-Grand à Paris en vue d’intégrer l’École normale supérieure.
- En août 1939, suite à la mobilisation générale, il retourne à Toulouse et s’inscrit en fac de lettres. Six ans plus tard, Pierre Orsini, l’un de ses professeurs, rédacteur en chef de La République du Sud-Ouest, l’un des quotidiens résistants de l’époque, l’embauche.
- En octobre 1949, comme beaucoup de ses confrères, il rejoint La Dépêche du Midi où il fera toute sa carrière, jusqu’à son départ en retraite en 1988.
GRANDS REPORTAGES
- Chroniqueur judiciaire, il relate les grands procès comme ceux de Gaston Dominici et de Klaus Barbie et se passionne pour le Tour de France qu’il suit à 37 reprises et pour lequel il reçoit le Prix Henri-Desgrange de l’Académie des sports, en 1974.
- Reporter casse-cou, il « bourlingue » aux quatre coins du monde, à l’instar de ses illustres aînés Joseph Kessel, Lucien Bodard. Il est récompensé pour ses reportages sur l’Indochine et la guerre du Rif au Maroc (durant laquelle il a été blessé) par le prix François-Jean Armorin puis celui Albert-Londres, en 1954 et en 1956.
- Il revient sur ces expériences hors du commun dans le roman Le Cap de la Gitane (Fayard) pour lequel il obtient le prix Interallié, en 1974. « Le cap Horn du coin de ma rue, le cap de la vie recommencée quand on parvient à rompre avec la mort comme avec "une vieille maîtresse grillée" ».
- Il couvre également, durant près de quatre décennies, les voyages présidentiels, de Vincent Auriol à François Mitterrand. Au mitan des années 1980, il accède au rang de président de l’Association de la presse présidentielle.
MÉMOIRE
- Lors des dernières années de sa vie, il met sa passion exemplaire du métier au service des jeunes générations à travers son rôle de vice-président de l’École de Journalisme de Toulouse (EJT).
- Depuis 2006, un prix annuel en son nom est décerné aux jeunes talents de l'École. Pour Bertrand Thomas, le directeur de l’EJT de 1994 à 2018, « c’est une manière de rendre hommage à ce pédagogue, ce compagnon qui nous a légué ses valeurs de modestie, de droiture, de rigueur et d’excellence ».
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