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Mercredi 25 mars

C’est arrivé un 25 mars… 1871 : la proclamation de la Commune de Toulouse

Rédigé par Mathieu Arnal
L'affiche de la proclamation de la Commune de Toulouse en mars 1871 (crédit photo : DR).

La Commune de Toulouse est proclamée ce jour-là, en soutien à son homologue parisienne, avant de s’éteindre sans violence deux jours plus tard.  

DE QUOI PARLE-T-ON ? 

  • Au balcon du Capitole, en ce 25 mars 1871, le capitaine de la Garde nationale de Toulouse, force civile armée constituée de 6 000 citoyens, lit la « déclaration de la Commune révolutionnaire de Toulouse » : « La Garde nationale de Toulouse, réunie à l’occasion de la création de bataillons de garde constitutionnelle et de l’installation de M. de Kératry en qualité de préfet de Haute-Garonne, a proclamé aujourd’hui à 2 heures l’organisation de la Commune, aux cris de Vive Paris ! ».
  • Le journaliste et ancien rédacteur en chef du quotidien radical l’Emancipation Armand Duportal, qui a rédigé la déclaration, refuse d’en prendre la tête. Il est « sceptique à l’égard d’un mouvement communaliste qu’il jugeait prématuré » explique l’historien Rémy Pech, auteur de 1871. La Commune, de la révolte au compromis républicain.
  • Une commission exécutive est nommée. Mais paralysée par le retrait de Duportal, elle se contente de proposer aux généraux et magistrats versaillais (soutiens du « chef du Pouvoir exécutif » Adolphe Thiers) repliés à l’Arsenal de se dissoudre si le gouvernement nomme un autre préfet qu’Émile de Kératry.
  • Le 27 mars, ce dernier rompt les négociations. Accompagné de trois escadrons de cavalerie et six cents fantassins, il prend possession de la Préfecture et de l’Hôtel de Ville sans rencontrer de résistance.
  • Duportal est arrêté pour « excitation à la guerre civile, attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement, attaque envers l’Assemblée et le chef du pouvoir exécutif ». Mais le 8 août, il est finalement acquitté par la Cour d’assises de Pau. 

 DANS LE RÉTRO 

  • Pour saisir le contexte, il faut revenir au 28 janvier 1871, date de la signature de l’armistice franco-allemand conclu entre le Gouvernement de la Défense nationale et le gouvernement impérial allemand. S’il met fin aux combats de la guerre franco-prussienne de 1870, il est perçu comme une trahison, ce qui provoque différentes insurrections communalistes.
  • Le 18 mars, lors de la proclamation de la Commune de Paris, Duportal, le préfet de la Haute-Garonne et son entourage manifestent leur sympathie aux insurgés de la capitale. Il reçoit même en privé son vieil ami le député de Paris Eugène Razoua, compagnon d’armes de Louise Michel.
  • Mais le lendemain, en gage de fidélité à Versailles (siège du gouvernement provisoire), il fait remettre à l’armée le poste de l’Arsenal de Toulouse détenu par la Garde nationale. Excédé par ses volte-face, Thiers le congédie le 20 et le fait remplacer par le comte Émile de Kératry, vétéran de la guerre du Mexique.
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