L'entretien : l'état des lieux de la ligne C
Alors que le tunnelier Jeanne-Marvig atteint la future station Fontaine Lumineuse, à Colomiers, Jean-Michel Lattes, président de Tisséo Collectivités, fait le point sur les travaux de la 3e ligne de métro.
Où en est le chantier ?
« Quasiment 70% des aménagements sont faits et 60% des tunnels, soit 13 km.
C'est considérable puisque l'on a actuellement 42 chantiers en même temps, et pas de petites tailles !
Les trois tunneliers restants vont terminer fin 2026, début 2027. Des convoyeurs n'arrivaient pas à extraire suffisamment de terres et donc les tunneliers n'allaient pas aussi vite que prévu. Eiffage a changé le système. Actuellement un tunnelier fonctionne 7 jours sur 7, 24 heures sur 24, et un autre 6 jours sur 7. Et nous sommes en phase de remédiation, c'est-à-dire que pendant l'été les équipes vont regarder ce qui peut être compensé. »
Quelles ont été les difficultés majeures ?
« Comme dans tous les grands chantiers, nous avons eu de multiples difficultés.
La première, ça a été les parois moulées de l'Ormeau qui ont obligé Bouygues à doubler les équipes pour rester dans le timing et rattraper le temps.
On a eu ensuite des incidents tragiques (N.D.L.R. Le 4 mars 2024, à Labège, un salarié a perdu la vie suite à l’effondrement d’une structure aérienne. Un second accident mortel est survenu le 9 décembre 2025, un ouvrier a été écrasé par une machine rue du Faubourg Bonnefoy).
Tout a été arrêté pendant plusieurs semaines pour l'enquête pénale. Là encore Bouygues a compensé, tous les viaducs sont aujourd'hui finalisés.
Le troisième gros incident c'était celui de Bonnefoy avec l’effondrement d'une maison sur le site. Le retard est rattrapé car le tunnelier qui va être démonté début juillet est celui qui était passé sous Bonnefoy.
De plus, de l'amiante a été trouvée en deux endroits. On a arrêté le chantier et le problème a été réglé. »
Quelles sont les étapes suivantes ?
« C'est un chantier complexe qui avance, on le voit partout. La grande phase dans les mois qui viennent, c'est le second œuvre, où l’on va commencer à voir ces stations qui aujourd'hui sont encore en béton.
17 stations passent en phase de second œuvre. La dernière, c'est François Verdier, parce que c'est la plus complexe. On a eu une phase de fouilles archéologiques et c'est l'équipement public le plus profond de Toulouse, avec des fondations à 60 mètres et une station à 35-40 mètres. C'est un ouvrage d'art tout à fait étonnant.
Et ensuite on arrivera à la phase de la marche à blanc. »
Lire la dernière édition de l'Essentiel Toulouse