Le portrait : Anthony Perez, la tête dans le guidon
Présenté comme le Toulousain du peloton, Anthony Perez est un cycliste professionnel de 34 ans. Il n’a toujours eu qu’un objectif en tête : réussir dans le vélo. Rencontre avec un travailleur acharné.
Le contexte
La 112e édition du Tour de France a commencé ce samedi, à Lille. Un départ qui s’est effectué sans Anthony Perez. Le coureur de 34 ans, qui a déjà participé à 6 reprises à la Grande Boucle, n’a pas été sélectionné par son équipe, Cofidis. « C’était prévu avec mon équipe que je ne disputerais que le Tour d’Italie cette année », confie-t-il, sans amertume.
Le Toulousain de naissance, qui s’est récemment installé près de Montauban, a fait ses gammes dans la Ville rose. Passé par les équipes amateures de Saint-Alban, Blagnac ou encore Villemur, il était destiné au cyclisme. Anthony Perez raconte : « Mon père était cycliste, mes grands-parents l’étaient également et ma mère était passionnée par le Tour de France. Donc je passais mes mois de juillet à suivre le Tour toute la journée. La passion est venue comme ça ».
On rembobine
C’est ainsi que le coureur français a commencé la compétition à 11 ans. Et rapidement, l’ambition de devenir professionnel est arrivée. « Depuis que je suis tout petit, j’entends dire que c’est possible de devenir professionnel. J’ai gardé ça au fond de moi, en me disant que je pourrais peut-être y arriver. Du coup, j’ai misé toute ma vie là-dessus avec cet objectif », explique-t-il. « Pour moi, l’ascenseur social, c’était le vélo. J’avais 2 possibilités : cycliste professionnel ou chauffeur routier comme mon père. »
Ainsi, le rêve est devenu une obsession. « Je ne partais pas en vacances et je me mettais déjà des contraintes à 11 ans. J’avais vu qu’Alejandro Valverde (grand coureur espagnol, ndlr) faisait 400 abdos par jour, donc moi, je les faisais », se remémore-t-il. Le travail a payé pour celui qui confie n’avoir « jamais eu une qualité exceptionnelle », mais a « toujours été un gros travailleur ».
Ce qui compte
Cet acharnement lui a ouvert les portes du monde professionnel. En 2016, il a signé avec Cofidis. Une écurie qu’il n’a jamais quittée, malgré quelques propositions, et dont il est devenu un des tauliers du vestiaire. Sous les couleurs rouges de l’équipe française, il a remporté l’étape dont il « rêvait depuis tout petit ». Sur la Drôme Classic, en 2023, Anthony Perez a levé les bras après une trentaine de kilomètres effectués en solitaire.
Un grand accomplissement pour ce coureur complet, qui scrute les échappées. Malheureusement, un exploit qu’il n’a jamais pu réaliser sur le Tour de France. Celui qui se décrit « aussi généreux sur un vélo que dans la vie » a notamment été repris à quelques hectomètres de l’arrivée lors de la 4e étape de la Grande Boucle 2018. Le peloton a, comme souvent, coupé l’herbe sous le pied aux échappées et à ce passionné de jardinage.
Lire la dernière édition de l'Essentiel Toulouse