Le portrait : la directrice des Augustins
Laure Dalon, la directrice des Augustins, est arrivée alors que les travaux battaient leur plein. Elle a insufflé son regard au parcours de visite et à l’ouverture du lieu sur la ville.
On rembobine
Laure Dalon commence ses études supérieures à Toulouse en classe préparatoire au lycée Pierre de Fermat en 1999. Puis elle intègre l'école nationale des Chartes à Paris, où elle consacre sa thèse à Bourdelle. Elle poursuit par le concours de l'Institut national du patrimoine.
« À l'issue, j'ai eu mon premier poste à Amiens, en Picardie, où j'étais conservatrice en charge des collections beaux-arts des musées de la ville. » Puis elle revient à Paris, au sein de la réunion des musées nationaux Grand Palais, en tant qu’adjointe au directeur scientifique.
En 2017, retour à Amiens, où elle prend la direction des musées de la ville, « en particulier du musée de Picardie, qui était à ce moment-là au début de sa rénovation ».
« Ce n'est pas un musée ordinaire »
Elle a donc le bon profil à plusieurs titres pour prendre, en octobre 2022, la direction du musée des beaux-arts de Toulouse, alors fermé depuis trois ans pour grands travaux. Il s’agit avant tout de reprendre le pilotage des chantiers - le nouvel accueil, la restauration du grand cloître, le projet à l'angle de la rue de Metz - et de leur donner une cohérence.
« Je me suis très vite posé des questions sur le parcours de visite, parce que ce n'est pas un musée ordinaire. Comme c'est un ancien couvent, avec le cloître au milieu. On est dans un espace qui puise à différentes sources historiques. »
Au pied de l'escalier Darcy, des personnages de l’histoire locale accueillent désormais le visiteur, telles Clémence Isaure et la belle Paule. « Je voulais intégrer pleinement ces espaces au parcours muséographique. Dans le grand escalier, qui est une pièce maîtresse de l'architecture du bâtiment, j'ai eu envie d'y déployer davantage d'œuvres. ».
L'église et le cloître sont toujours en travaux. « Cela ne doit pas nous empêcher d'ouvrir les salles gothiques à partir d'octobre. »
Renouveau
La directrice a aussi ajouté une touche d'art contemporain, comme cette présence spectrale dans l’escalier Viollet-le-Duc. « On verra si ça fonctionne bien, de façon fluide et naturelle. L’idée est de montrer que les artistes d'aujourd'hui ont leur place, avec des projets qui dialoguent, qui résonnent avec le musée, ses espaces, son architecture, ses collections. »
Des thématiques se détachent, via les œuvres et la place qu’elles occupent, soulevant un questionnement sur les représentations féminines et masculines. « Cela me paraît être de notre responsabilité. »
Quant à la boutique à l’angle de la rue de Metz, « je voulais qu’elle soit un lieu vivant, dynamique, une sorte d'appel pour l'extérieur. C’est aussi une façon d'illustrer le fait qu'un musée a vocation à être connecté à la ville. » Depuis sa réouverture en décembre, les Augustins ont attiré plus de 100 000 visiteurs et les jeunes sont nombreux aux nocturnes.
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