Mardi 28 avril
L’agriculture avant les tracteurs, comment c'était ?
Rédigé par Pierre Zenker
L’agriculture est passée de la petite exploitation vivrière, c’est-à-dire de la culture pour sa propre consommation, à celui d’un modèle plus productiviste (crédit : archives départementales de la Dordogne - Fond Bruno Nedellec).
La conférence intitulée Mémoires des champs, prévue ce soir à 18 h au Musée d’Aquitaine, revient sur l'évolution de l’agriculture française au cours de la 1ère partie du 20e siècle, avant l’arrivée des tracteurs.
Les champs d’avant-guerre
- « J’aimerais raconter l’agriculture d’avant 1950 et montrer qu’elle n’est pas du tout obsolète », explique Caitlin Rousseau, doctorante en histoire contemporaine à l'Université Bordeaux Montaigne.
- « Il y a eu beaucoup de progrès sur les outils, qui se perfectionnent dès la fin du 18e siècle. »
- Les historiens se basent sur les récits des concours agricoles qui listent les innovations : nouvelles charrues, batteuses pour la moisson du blé à vapeur ou conçues pour fonctionner avec un manège à animaux.
Le tournant des années 1950
- Le terme de pétrolisation de l'agriculture, inventé par Christophe Bonneuil, directeur de recherche au CNRS, traduit un bouleversement généré par la mécanisation de l’activité agricole. « Avec l’arrivée des tracteurs, le travail change un peu : les animaux sont remplacés par les machines. Le plus gros changement intervient sur les paysages », souligne notre interlocutrice.
- « C’est ce qu’on appelle le remembrement : on va créer des parcelles plus grandes et plus adaptées au modèle d’agriculture productiviste. »
- « Sur les photographies aériennes, c’est très flagrant : les vergers, les haies, les petites parcelles longues aux formes variées ont disparu. »
Dans notre région
- « Les activités agricoles étaient ici réparties entre le maraîchage, la petite agriculture vivrière, la culture de la vigne et le gemmage, c’est-à-dire la récolte de la résine des pins dans les Landes », précise Caitlin Rousseau.
- La doctorante partagera l’objet de sa thèse : l’analyse de 3 000 outils issus de la collection ethnographique agricole du Musée d’Aquitaine.
- « Je vais essayer de les cartographier, de retracer l’histoire de ces objets, de comprendre comment ils étaient faits et comment ils étaient utilisés. »
👉🏻Y aller : Musée d’Aquitaine, au 20 cours Pasteur, à Bordeaux. Entrée libre et gratuite à 18 h.
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