Lundi 17 novembre
COP30 : comprendre, agir, espérer
Pour Corinne Lepage, l’obstacle majeur, c’est l’incapacité des pays riches à financer sérieusement l’aide aux pays vulnérables au changement climatique (crédit : Adobe Stock).
Jusqu'à jeudi, la COP30 réunit près de 200 pays à Belém, au nord du Brésil. Comment fonctionne ce type d'événement, quels sont ses enjeux, que peut espérer la France ?
En deux mots
- La COP, ou Conférence des Parties, est la grande réunion annuelle des pays signataires de la Convention de l’ONU sur le climat.
- Chaque État y présente sa feuille de route pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.
- Ces plans, appelés “contributions nationales”, sont actualisés tous les cinq ans et évalués collectivement.
Les priorités à Belém
- En 2025, trois sujets dominent : l’insuffisance des ambitions nationales, le financement climatique et la protection des forêts tropicales.
- Le président brésilien Lula a lancé un nouveau fonds, la Facilité de financement des forêts tropicales, qui vise à mobiliser 125 milliards de dollars pour soutenir les pays qui préservent leurs forêts.
Dans le détail
- Pour enrichir cette analyse, nous avons interrogé Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, qui a participé à « une petite dizaine de COP ».
- Elle rappelle que ces conférences ont « changé la trajectoire climatique mondiale ». Avant l’accord de Paris, « nous allions vers +3 °C ; aujourd’hui, la trajectoire est autour de +2,3 °C. C’est insuffisant, mais on a progressé. »
- Elle souligne aussi un fait marquant : « La Chine atteint son plateau d’émissions avec dix ans d’avance. ». C’est-à-dire que le pays est en train de réduire significativement ses émissions de gaz à effet de serre.
Le défi central : Le financement
- Pour Corinne Lepage, l’obstacle majeur, c’est l’incapacité des pays riches à financer sérieusement l’aide aux pays vulnérables au changement climatique : « Les sommes à distribuer sont énormes et les pays du Nord ont soit des difficultés financières, soit des blocages idéologiques. » Sans contribution américaine, prévient-elle, « on n’y arrivera pas ».
À l'échelle locale et internationale
- Elle reste néanmoins lucide : « La France a perdu de l’influence diplomatique ». La voie la plus efficace ? « Jouer collectif avec l’Europe pour peser à l'échelle internationale ».
- Enfin, l'ancienne ministre insiste sur le rôle croissant des villes et des régions qui ont aussi un rôle non négligeable : « C’est aussi localement que ça se joue. Les projets d’énergie renouvelable progressent partout. »
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