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Lundi 15 décembre

Une nouvelle façon de financer l’agriculture

Le bourdon est un pollinisateur essentiel, très sensible à la qualité du sol, aux fleurs présentes, aux pesticides ou au climat (crédit : Adobe Stock).

Le WWF France lance les “crédits du vivant”, un outil qui rémunère les agriculteurs pour le carbone qu’ils stockent mais aussi pour la biodiversité qu’ils restaurent. Yann Laurans, le directeur des programmes de conservation du WWF France trouve de nombreuses vertus à cette nouveauté.

Crédit carbone enrichi 

  • Pour comprendre le dispositif, il faut rappeler ce qu’est un crédit carbone. C’est une unité qui correspond à une tonne de CO₂ qui n’a pas été rejetée dans l’atmosphère, ou qui a été stockée grâce à un projet écologique.
  • Dans le cas de l’agriculture, cela signifie que les sols, lorsqu’ils sont bien gérés, peuvent agir comme une éponge et emprisonner durablement du carbone, ce qui donne droit à une rémunération.
  • Mais pour Yann Laurans, cela ne suffit plus : « Nous voulions dépasser le simple crédit carbone. Les crédits du vivant combinent carbone de haute qualité et biodiversité. »

Le rôle du bourdon

  • Pour mesurer la biodiversité, le WWF a fait le choix surprenant mais très efficace d'observer la présence et l’activité des bourdons.
  • Pourquoi eux ? Parce que le bourdon est un pollinisateur essentiel, très sensible à la qualité du sol, aux fleurs présentes, aux pesticides ou au climat.
  • Sa présence, ou son absence, révèle immédiatement si un écosystème est sain. « Le bourdon est un excellent indicateur. Il reflète vraiment ce qui se passe réellement dans la parcelle  de l'agriculteur », nous précise Yann Laurans.

Une transition simple

  • Les agriculteurs n’ont pas à changer de cultures : blé, fourrage, féveroles. Tout reste possible.
  • Ils adoptent simplement une agriculture régénérative donc pas de labour, ni de pesticides et des sols couverts.
  • Même les nouveaux installés peuvent rejoindre la démarche. « Oui, un novice peut entrer dans le dispositif. Nous accompagnons chaque agriculteur chaque semaine grâce à des ingénieurs agronomes. », nous explique notre interlocuteur.

Côté rémunération

  • 73 % de la valeur générée revient directement à l’agriculteur, un partage inédit dans le monde des crédits carbone. Le reste étant récupéré par les différents intermédiaires.
  • Pour Yann Laurans, l’enjeu n’est plus l’engagement des agriculteurs : « Le seul facteur limitant, c’est l’argent. Les agriculteurs sont prêts. »
  • Le WWF vise 32 000 tonnes de CO₂ stockées par an d’ici 2034, tout en restaurant des millions de micro-habitats pour les pollinisateurs. Un mécanisme qui pourrait devenir un pilier de la transition agricole française.
  • En donnant de la valeur à la vie des sols, aux insectes et aux pratiques régénératives, les crédits du vivant montrent qu’on peut réconcilier agriculture, climat et biodiversité. Une innovation qui remet la nature au cœur du système.
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