Lundi 29 décembre
Nouvelle vie pour les dauphins captifs
Un sanctuaire qui pourrait accueillir un 17 animaux maximum (crédit : Adobe Stock).
En Italie, au large de la ville de Tarente, dans la région des Pouilles, le premier sanctuaire marin d'Europe pour dauphins captifs s’apprête à ouvrir courant 2026. Ces espaces protégés, situés en mer mais sécurisés, offrent aux animaux une existence bien plus naturelle que les bassins. Morgane Perri, biologiste marine, nous éclaire sur ce changement majeur.
Le contexte
- Un sanctuaire marin est une zone en mer fermée par des filets, suffisamment vaste pour permettre aux dauphins de nager, plonger et interagir avec un milieu vivant, tout en restant protégés.
- Contrairement à une remise en liberté totale, impossible pour des animaux élevés en captivité dans des parcs aquatiques, il leur garantit un environnement plus riche et plus respectueux de leurs besoins.
- « Ils retrouvent de vraies conditions marines sans être exposés aux dangers de la pleine mer », explique Morgane Perri.
- Les dauphins qui y seront accueillis viendront des centres d’attraction du littoral et des zoos marins en Europe qui ferment progressivement.
- Les fermetures de zoos marins se sont multipliées ces dernières années, conséquence d'une désaffection croissante du public, tandis qu'une nouvelle législation, notamment en France et au Canada, interdit désormais la captivité des cétacés.
Plus proche de la nature
- Dans le San Paolo Dolphin Refuge, les dauphins pourront évoluer dans un espace bien plus vaste que celui d’un parc marin : une zone de sept hectares dans le golfe de Tarente.
- « Le chlore des bassins peut irriter leur peau et leurs voies respiratoires », rappelle la biologiste. L'eau de mer réduit ces risques, et l’environnement naturel favorise leur comportement instinctif.
- Grâce à ces zones sécurisées, « ils pourront nager davantage et se soustraire à l'exposition permanente au soleil des bassins », souligne-t-elle. Le sanctuaire devient ainsi un compromis unique entre protection, bien-être et sécurité.
Un progrès important
- Ce dispositif a des limites importantes. D’abord, ces dauphins ne seront jamais entièrement libres : « Après des années de captivité, ils ne savent plus chasser, se défendre ni communiquer comme des dauphins sauvages », note Morgane Perri. Les filets restent indispensables pour leur survie.
- Ensuite, le nombre d’animaux pouvant être accueillis est très limité : l’espace marin doit rester gérable, surveillé et compatible avec l’environnement local.
- Enfin, un sanctuaire reste coûteux à gérer : personnel, vétérinaires, installations, surveillance… rien n’est laissé au hasard.
- Mais malgré ces contraintes, Morgane Perri voit dans ce sanctuaire un signal fort : « C’est une étape essentielle pour changer notre rapport aux animaux marins. On ne peut plus les considérer comme des attractions. »
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