Lundi 23 février
Agriculture : s’adapter au dérèglement climatique, dès maintenant
20 % des émissions de gaz à effet de serre mondiales sont imputables au secteur agricole (crédit : Adobe Stock).
Dans les champs, le changement climatique ne se discute plus : il s’observe. Décalage des saisons, rendements instables, sécheresses et inondations successives… Les scientifiques de l’INRAE, l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement, travaillent avec les éleveurs et les cultivateurs pour transformer les systèmes agricoles et les rendre plus résilients. L’institut sera au Salon de l’Agriculture jusqu’au 1er mars à Paris Expo Porte de Versailles.
Des cycles et des récoltes bouleversés
- « Le climat évolue déjà et nos repères agricoles aussi : les dates de semis, les cycles des cultures, les rendements, la disponibilité en eau… tout est en train de changer, et pas seulement pour demain, mais dès aujourd’hui », explique Iñaki García de Cortázar-Atauri, directeur de l’unité AgroClim à l’INRAE.
- Les floraisons sont de plus en plus tôt, les récoltes se modifient, les périodes de semis évoluent. Résultat : Résultat : certaines plantes sont plus exposées au gel tardif ou aux vagues de chaleur.
- Les fruits peuvent contenir « plus de sucre, moins d’acidité », et les rendements deviennent plus variables. Mais le plus difficile reste l’enchaînement des événements : « Ces cinq à dix dernières années, c’est l’accumulation des aléas climatiques très forts, très fréquents et très intenses ».
Adapter les systèmes, pas seulement l’irrigation
- Peut-on produire autant avec moins d’eau ? La réponse est plus complexe qu’il n’y paraît. « La contrainte, c’est la variabilité de la disponibilité en eau », précise-t-il.
- Une année peut être marquée par une sécheresse extrême, la suivante par des inondations.
- La solution ne réside donc pas uniquement dans l’irrigation, mais dans la résilience globale des exploitations.
Diversifier pour sécuriser
- Depuis plus de vingt ans, l’INRAE travaille avec les filières agricoles pour concevoir des stratégies adaptées aux territoires. « Il n’y a pas de solution unique », rappelle le chercheur.
- La clé ? Diversifier les cultures, repenser l’organisation des exploitations et éviter la spécialisation excessive. « La difficulté est de ne pas être exposé avec une seule production à un aléa qui pourrait la détruire complètement ».
- Diversification des espèces, co-conception avec les agriculteurs, plans d’adaptation régionaux… l’agriculture française ne subit pas seulement le climat, elle se transforme pour y faire face.
Retrouver l'INRAE au salon de l'Agriculture jusqu'au 1ermars à Paris Expo Porte de Versailles - Paris.