Lundi 23 février
Rivières d’hier, progrès d’aujourd’hui
La directive européenne sur l’eau, adoptée en 2000, impose aux États membres d’atteindre un “bon état écologique” des rivières : un cadre qui n’existait pas dans les années 1980 (crédit : Adobe Stock).
Dans les années 1980, la pollution de l’eau faisait régulièrement la une. Rivières asphyxiées, poissons décimés, eau du robinet déconseillée. Si les problèmes persistent aujourd’hui, la situation était souvent bien plus sauvage et préoccupante à l’époque.
Des catastrophes à répétition
- En 1983, dans l’Aude, dix tonnes de poissons périssent faute d’oxygène après des rejets organiques.
- En 1988, une pollution au lindane détruit toute vie sur 15 km de la Corrèze : jusqu’à 40 tonnes de poissons sont retirées des eaux.
- En 1989, 70 tonnes de truites d’élevage disparaissent dans la rivière Aa (Hauts-de-France) en moins d’une demi-heure.
- Les nitrates dépassent régulièrement le seuil de 50 mg/l en Bretagne et en Vendée, au point que l’eau du robinet est déconseillée aux femmes enceintes et nourrissons.
Une eau potable sous tension
- En 1990, dans le Territoire de Belfort, 80 000 habitants doivent se ruer sur l’eau minérale après une contamination bactérienne.
- Ailleurs, des usines sont mises en cause pour la destruction totale de la faune et de la flore d’une rivière.
- Les condamnations judiciaires commencent à tomber, mais les dégâts écologiques, eux, peuvent durer quinze ans.
Et aujourd’hui ?
- La pollution n’a pas disparu. Cyanobactéries, pollutions diffuses agricoles ou accidents industriels rappellent que la vigilance reste indispensable.
- Mais la surveillance est désormais permanente, les normes plus strictes, les stations d’épuration plus performantes.
- La plupart des rivières françaises affichent aujourd’hui un état écologique en amélioration par rapport aux décennies passées, même si tout n’est pas réglé.
- Non, ce n’était pas mieux avant. C’est même parce que les crises d’hier ont été si graves que les politiques de protection de l’eau se sont renforcées. La qualité de l’eau reste un défi mais c’est aussi une preuve que les décisions publiques peuvent produire des résultats.
- Ce n’est pas parce qu’il y a plus de contrôle, que les rivières sont forcément plus propres mais ça avance dans le bon sens.
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