Lundi 9 mars
Une “assurance verte” pour réduire les pesticides
Les pesticides restent très utilisés en agriculture : en France, environ 65 000 tonnes de substances actives sont vendues chaque année (crédit : Adobe Stock).
Et si l’assurance devenait un outil de transition écologique ? Des chercheurs de l’INRAE et de l’Université de Bordeaux ont expérimenté un dispositif inédit avec l’assureur Groupama : indemniser les agriculteurs qui acceptent de réduire l’usage des pesticides. Une façon de partager les risques pour encourager des pratiques plus durables.
Lever le frein du risque agricole
- Réduire les pesticides est un objectif largement partagé. Mais pour un agriculteur, modifier ses pratiques reste risqué : moins de traitements peut signifier davantage de maladies sur les cultures et donc une perte de récolte.
- Pour lever ce frein, des chercheurs ont imaginé une “assurance verte”. Le principe : si un agriculteur diminue l’usage de pesticides et que cette stratégie entraîne une baisse de production, l’assurance compense une partie des pertes.
- L’expérimentation a été menée, durant 4 ans, avec l’assureur mutualiste Groupama, partenaire du projet, afin de tester concrètement ce mécanisme sur le terrain.
Des résultats encourageants
- Le dispositif a été expérimenté dans des vignobles de Nouvelle-Aquitaine, en association avec un outil d’aide à la décision qui indique aux viticulteurs quand traiter leurs vignes et à quelle dose, afin d’éviter les traitements inutiles.
- Les résultats sont significatifs : les viticulteurs participants ont réduit leur utilisation de fongicides de 30 % à 50 %, tout en maintenant des pertes de récolte très limitées, généralement inférieures à 5 %.
- L’assurance a joué un rôle clé. En couvrant une partie du risque économique, elle a permis aux agriculteurs de tester ces nouvelles pratiques sur plusieurs saisons.
Un nouvel outil pour la transition agricole
- Pour les chercheurs, cette approche pourrait accélérer la diffusion des pratiques agricoles plus durables.
- L’adoption d’innovations dépend souvent de la confiance. Un seul mauvais millésime peut suffire à décourager un agriculteur.
- En partageant le risque entre agriculteurs et assureurs, l’assurance verte pourrait devenir un levier concret pour réduire l’usage des pesticides, tout en sécurisant les revenus agricoles.
- Une piste prometteuse pour concilier performance économique et protection de l’environnement.
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