Matériau omniprésent dans le bâtiment, le plâtre amorce une transformation majeure. En France, une nouvelle coentreprise, dédiée au recyclage du plâtre, veut structurer une filière encore émergente mais pleine de potentiel.
Une filière qui s’organise
- En janvier 2026, le groupe Knauf s’est associé au français Ritleng Revalorisations pour créer une coentreprise dédiée au recyclage du plâtre.
- L’objectif : structurer une filière capable de collecter et transformer ces déchets à grande échelle.
- Pour Jean-Luc Ritleng, président de l’entreprise, la mission est claire : « apporter une solution pérenne, efficace sur le traitement des déchets de plâtre ».
- Le principe est simple en apparence. Il faut récupérer les déchets issus des chantiers, les nettoyer et les transformer pour retrouver un gypse (matière première du plâtre, ndlr) réutilisable.
- Mais la réalité est plus complexe : « Si je recycle quelque chose, il faut que je puisse le recycler dans sa globalité, c’est-à-dire traiter non seulement le plâtre lui-même, mais aussi tous les éléments qui l’entourent comme le carton, les colles, les isolants ou les gaines pour obtenir une matière vraiment réutilisable », insiste-t-il.
Enjeu environnemental majeur
- Le plâtre a un avantage clé : il est recyclable à l’infini. Pourtant, une grande partie finit encore enfouie.
- La technologie développée par Ritleng revalorisations permet d’aller plus loin, notamment sur les déchets les plus complexes : « on arrive à récupérer 99 % de gypse […] et à obtenir une matière très proche du gypse naturel ».
- Cette avancée intéresse directement les industriels, qui cherchent à intégrer davantage de matière recyclée dans leurs produits. « Knauf souhaite intégrer du gypse recyclé dans leurs nouvelles plaques », explique Jean-Luc Ritleng.
- Autre enjeu clé : limiter les transports. Le choix d’implanter des sites au plus près des zones de consommation répond à cet objectif : « avoir un impact carbone du transport le plus bas possible ».
On va plus loin
- En France, les déchets de plâtre représentent entre 11 et 13 kg par habitant et par an, soit environ 600 000 à 650 000 tonnes.
- Aujourd’hui, seule une partie est recyclée : « il y a encore des marges de manœuvre », souligne Jean-Luc Ritleng.
- Le modèle est aussi économiquement viable : recycler coûte « 30 à 40 % moins cher que l’élimination en site de stockage ».
- La filière est encore jeune, mais appelée à devenir incontournable dans les années à venir.