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Lundi 6 avril

Traquer les déchets au fond de l'eau !

Platypus est un bateau sous marin permettant d'observer les fonds marins (crédit : Blue Odyssey Initiative).

Récompensée début 2026 par les Defender Awards, l’initiative PolluSub s’impose comme une solution innovante pour capter la pollution plastique là où elle est la plus invisible : sous l’eau. Une approche qui pourrait changer la donne pour les océans.

Une pollution invisible

  • Développé par l’association Blue Odyssey Initiative, PolluSub part d’un constat simple : « en surface, il y a à peine 1 % de la pollution plastique et... 90 % est au fond », nous précise François-Alexandre Bertrand, président de l’association Blue Odyssey Initiative.
  • Une réalité encore peu étudiée, car difficile d’accès.
  • L’objectif est donc clair : « rendre visible l’invisible » et agir là où les solutions sont encore rares. L'association a donc créé un bateau sous marin appelé Platypus pour observer les fonds marins et l'aventure a commencé.
  • Le navire permet à des experts d'être sur la partie basse (cf image d'illustration) afin d'observer les déchets présents au fond de l'eau.

Comment ça marche ?

  • Le principe est simple et efficace : identifier les “routes sous-marines” empruntées par les déchets, puis y installer des filets fixés entre deux points (rochers, quais…). La taille du filet varie en fonction du lieu où il est disposé.
  • « On utilise la force des courants, sans système énergivore », explique François-Alexandre Bertrand.
  • Une fois pleins, les filets sont remontés, vidés, triés, puis réinstallés. Un cycle simple mais exigeant.

Des coûts variables

  • Le coût dépend fortement du site : « pour un port de taille moyenne, on est entre 10 000 et 30 000 euros », mais cela peut grimper à plusieurs millions dans des zones complexes.
  • À cela s’ajoute la gestion : remontée régulière du filet, tri des déchets et leur traitement entre autres.
  • Problème : « il n’y a pas de système de financement structuré aujourd’hui ». Le projet repose donc surtout sur des mécènes privés.

Un modèle difficilement rentable

  • Peut-on en faire un business ? À court terme, peu probable. « Ce sont des solutions qui coûtent très cher et qui ne sont pas financées par la réglementation », poursuit notre interlocuteur.
  • Le parallèle est clair. Comme l'exemple de la mise en place du pot catalytique hier, seule une volonté politique forte pourrait accélérer leur déploiement.

Et après ?

  • Aujourd’hui, PolluSub en est encore à ses débuts : « C’est un projet expérimental », avec des tests à venir dans le sud de la France.
  • Mais l’ambition est mondiale : « on peut récupérer des centaines de milliers de tonnes de déchets », notamment dans les zones les plus touchées.
  • PolluSub ne réglera pas tout. Mais en s’attaquant à la pollution invisible, il ouvre une nouvelle voie : celle d’une écologie concrète, ciblée et enfin tournée vers les fonds marins.
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