Lundi 15 juin
Comerso : quand les invendus trouvent enfin une seconde vie
En France, près de 8 millions de personnes ont recours à l'aide alimentaire chaque année, selon les associations du secteur (crédit : Adobe Stock).
Une pomme un peu flétrie, un dessert mal étiqueté ou une série de produits retirés des rayons pour une simple question d'apparence : chaque jour, des milliers d'objets encore parfaitement utilisables risquent la destruction. Depuis 2013, l'entreprise Comerso aide les fabricants et distributeurs à leur offrir une seconde vie.
Idée contre le gaspillage
- L'aventure débute en 2013, à une époque où de nombreux invendus étaient encore systématiquement détruits.
- « Quand nous avons créé Comerso, beaucoup de produits encore consommables ou utilisables étaient jetés simplement parce qu'ils ne pouvaient plus être vendus dans le circuit classique », explique son fondateur Pierre-Yves Pasquier.
- L'entreprise a développé une plateforme qui met en relation les distributeurs, les industriels et plus de 2 700 associations partenaires, parmi lesquelles les Restos du Cœur, les Banques Alimentaires, Emmaüs ou encore le Secours populaire.
- Son modèle économique repose sur un abonnement payé par les entreprises clientes, auxquelles Comerso fournit les outils, le réseau et l'accompagnement nécessaires pour valoriser leurs invendus plutôt que les détruire.
Simplifier l'anti-gaspi
- Concrètement, lorsqu'une entreprise se retrouve avec des produits invendus ou invendables, Comerso prend le relais. « Notre métier consiste à simplifier l'anti-gaspi et à lever tous les freins », résume Pierre-Yves Pasquier.
- L'entreprise identifie les associations susceptibles d'être intéressées, organise la logistique, assure la traçabilité et gère l'ensemble des démarches administratives. « Nous gérons tout à 360 degrés », insiste le dirigeant.
- L'un des exemples les plus marquants concerne plus de 10 000 desserts au chocolat parfaitement consommables mais victimes d'une erreur d'étiquetage. « Sans nous, ces produits auraient été détruits », souligne-t-il. Grâce au réseau de Comerso, ils ont finalement été redistribués à des associations.
Bon pour la planète
- Au-delà de l'impact environnemental, la solution présente aussi un intérêt économique. « Depuis la naissance de Comerso, nos clients ont réalisé plus de 400 millions d'euros d'économies cumulées », affirme Pierre-Yves Pasquier.
- Pourquoi ? Parce qu'un produit jeté représente une double perte : sa valeur marchande disparaît et l'entreprise doit en plus payer pour son traitement comme déchet. À l'inverse, les dons aux associations permettent de bénéficier d'une réduction fiscale représentant jusqu'à 60 % de la valeur du produit donné.
- Aujourd'hui, Comerso contribue à sauver environ 150 tonnes de marchandises chaque jour, soit l'équivalent de cinq semi-remorques remplis quotidiennement.
- Mais pour son fondateur, le combat est loin d'être gagné : « Le plus grand malentendu sur le gaspillage, c'est de penser que le problème est réglé. Le gaspillage est un sujet de tous les jours. »
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