Lille : David Bobée choisit un décor de colonnes brisées pour sa prochaine création Lorenzaccio
Les répétitions de Lorenzaccio, prochaine création du Théâtre du Nord, se déroulent en ce moment à Lille. C'est l'histoire de Lorenzo, jeune noble du XVIe siècle qui se rapproche du tyran qui règle sur Florence pour l'assassiner. David Bobée, metteur en scène, signe également la scénographie. Il raconte comment il a imaginé les décors.
Vous avez choisi un décor de colonnes brisées. Pourquoi ?
"La difficulté principale, c'est que c'est un texte qui n'a pas été écrit a priori pour être monté. On passe donc d'un extérieur à l'intérieur d'un palais, à une chambre, à une rue... Il fallait répondre à cette difficulté-là et que le décor puisse être très plastique, très modulable."
"On a donc fait le choix d'un décor à base de colonnes brisées. Ces colonnes, qui sont montées sur roues, se déplacent assez facilement et elles peuvent créer différentes architectures, différents espaces."
Que symbolisent ces colonnes ?
"Lorenzaccio est une tragédie sur l'homme, sur le pouvoir : c'est une tragédie politique ! Et c'est vrai que dans tous les espaces politiques, les colonnes sont présentes : dans les assemblées, dans les agoras..."
"Les colonnes représentent une certaine forme de pouvoir ! Mais toute seule, elle est un peu ridicule et un peu prétentieuse. La colonne n'a de sens que dans sa multiplicité. Elle sert à porter un édifice plus important qu'elle-même et elle ne peut le porter qu'à plusieurs. Donc c'est un peu un symbole de citoyenneté."
"Nos colonnes à nous, elles sont brisées, inachevées, abandonnées. Donc ça raconte un petit peu notre démocratie. On n'est pas bien fait, nous, les humains, pour porter quelque chose d'aussi beau que la démocratie !"
Le résultat est assez spectaculaire...
"Je n'ai pas la scénographie modeste !"
"C'est vrai que dans tout ce que je fais, j'aime qu'il y ait une dimension spectaculaire, populaire, avec des grands décors, beaucoup d'acteurs, beaucoup d'actrices, des lumières, des effets... J'aime le spectaculaire, c'est vrai ! Cela permet à la fois de passer un très bon moment et, à travers le plaisir, de donner à réfléchir."
👉 À retenir : la première est le mardi 19 mai 2026.
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