Le Lillois Jérôme Dumortier appelle à déconstruire les violences éducatives
Publié il y a un mois, le baromètre de la Fondation pour l'Enfance montre qu'un tiers des parents (36%) légitiment encore les fessées à des fins éducatives. Jérôme Dumortier, directeur de crèche à Villeneuve d'Ascq et précurseur de l'éducation bienveillante, invite à déconstruire ces pratiques.
Qu'est-ce qu'une violence éducative ordinaire ?
"On ne parle pas seulement de la fessée. Les violences éducatives ordinaires sont physiques, verbales ou psychologiques."
"On peut donner plein d'exemples : tirer un bras, crier, humilier, comparer sans cesse un enfant à d'autres membres de la fratrie ou du groupe, pour faire remarquer que les autres sont plus sages, doués, sportifs ou faire du chantage pour obtenir l'obéissance."
"Tout cela est encore très banalisé, alors que c'est de la violence exercée sur l'enfant pour l’éduquer."
Ces gestes sont-ils vraiment répandus ?
"Selon l'enquête IFOP pour la Fondation pour l'Enfance, 84 % des parents déclarent en avoir commis au moins une dans les 12 derniers mois."
"On est face à quelque chose de massif, qui fait partie de nos automatismes éducatifs. Et ce sont ces violences éducatives ordinaires qui conduisent à la maltraitance. C’est un continuum."
"Des gestes répétés, banalisés, peuvent s'inscrire dans des situations beaucoup plus graves : environ 500 bébés sont secoués chaque année en France. Et un enfant décède tous les 5-6 jours sous les coups de ses parents."
Pourquoi est-ce si difficile de changer les pratiques ?
"100 % des adultes ont subi ces violences, on les reproduit donc sans s'en rendre compte."
"Un enfant ne fait pas des bêtises, il fait des expériences. Ce n'est pas parce que ça ne nous convient pas qu'il faut crier ou écraser son comportement. Il faut lui tendre la main. Et distinguer l'action de la personne : dire 'ce geste n’est pas acceptable' plutôt que 'tu es méchant'."
"L'enfant reste digne d'être aimé, même quand on pose une règle."
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