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Jeudi 4 juin

Thomas Margueron : « 97 % de la population de Paca vit au contact du moustique tigre »

Rédigé par Frédéric Dubessy
Le moustique tigre est très reconnaissable (Crédit : Adobe Stock).

Responsable santé-environnement à l'Agence Régionale de Santé (ARS), cet expert décrypte ce phénomène et indique les bons gestes.

En quoi consiste le dispositif contre les maladies véhiculées par le moustique tigre ?

« Il s'agit d'une surveillance renforcée et d'une lutte contre les arboviroses, les maladies virales transmises par des piqûres de moustiques infectés. Nous recensons tous les cas de chikungunya, dengue et zika. Les symptômes sont similaires à ceux de la grippe, mais sans toux, avec des courbatures et de la fièvre. Il s'agit principalement de maladies d'importation. La personne a été piquée en voyageant à l'étranger et les moustiques locaux vont se contaminer en piquant également et transmettre à d'autres personnes ce virus présent dans le sang. Durant toute la saison, l'ARS est prévenue de chaque cas. Des agents de l'Entente inter-départementale Méditerranée (EID) interviennent alors dans le quartier concerné (en savoir plus). »

Marseille est-elle particulièrement touchée ?

« Pour l'instant, nous n'avons que des cas importés des Antilles, de l'île Maurice, de Madagascar... L'an dernier dans notre région, 460 personnes ont été touchées par le chikungunya, alors qu'elles n'avaient pas voyagé. Il y a une vingtaine d'années, le moustique tigre n'existait pas chez nous. Aujourd'hui, plus de 97 % de la population régionale vit à son contact (voir la carte actualisée). Le moustique tigre n'est pas là toute l'année. La femelle pond les œufs en octobre et ils ne deviennent des larves qu'au retour des beaux jours. S'il a été dans un territoire, on est certain de le retrouver. »

Comment limiter sa propagation ?

« Près de 80 % des gîtes larvaires se situent dans de petits volumes d'eau stagnante présents dans les jardins, les terrasses et les espaces extérieurs privés. Il faut vérifier toutes les semaines, car les moustiques vont encore nous embêter jusqu'au mois d'octobre. La saison s'étend. Ils ont besoin d'eau et aiment les zones pavillonnaires. Un moustique ne fait que 150 mètres de distance dans sa vie. S'ils sont présents à notre domicile, c'est donc qu'ils viennent de chez nos voisins ou de notre habitation. Contrairement aux moustiques classiques, le tigre ne pique pas le soir, mais plutôt la journée. Il ne reste pas dans les maisons, car il préfère les buissons, les zones fraîches et l'ombre. »

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