Printemps des Comédiens : Éric Bart, « à nous de convaincre les habitants »
Né à Bâle, en Suisse, il est le directeur artistique par intérim de la Cité européenne du Théâtre Domaine d'O Montpellier. Apparu dans le paysage culturel français en 2000, il assure la direction artistique de l'Odéon, menant sa carrière entre la Suisse et Paris. À Montpellier, Jean Varela l'appelle en 2019 pour la programmation artistique du Printemps des Comédiens. Rencontre.
Directeur artistique du Domaine d’O depuis 6 mois, quel bilan à mi-parcours ?
« Nous avons traversé quelques turbulences et la vraie question reste celle de la fréquentation. Le public sera-t-il au rendez-vous ? »
« Dans le théâtre, on dit souvent qu’il n’y a pas de mauvais spectateurs, seulement de mauvais spectacles. À nous de convaincre les habitants de redécouvrir ce lieu magnifique qu’est le Domaine d’O et de venir partager cette 40e édition du Printemps des Comédiens. »
« Ce qui est frappant à Montpellier, c’est l’attachement du public aux festivals. Il existe ici une véritable culture de l’événement, et c’est une chance. »
Le Printemps des Comédiens joue-t-il dans la même cour que le Festival d’Avignon ?
« Au Festival d’Avignon, qui est entièrement subventionné par l’État, c’est le Tout-Paris qui déménage dans le Sud. À Montpellier, c’est la Métropole qui défend la culture. Le Printemps des Comédiens, Montpellier Danse et Radio France sont 3 festivals d’envergure nationale. »
« Pour viser l’excellence, il faut commencer par s’inscrire dans la cité et le public doit croire à notre projet. Le Printemps des Comédiens s’inscrit dans les festivals d’été, mais le Domaine d’O soutient la production et la création de spectacles comme Bérénice, diffusés à travers le monde. »
« Notre travail est reconnu sans équivoque à l’international. L’important reste de créer une filière nationale, voire internationale, tout en restant ancré sur notre territoire et de continuer à défendre les acteurs culturels du spectacle vivant qui créent ici. »
La future gouvernance de la Cité européenne se prépare. Y serez-vous impliqué ?
« Pour l'instant, je me concentre sur la direction artistique du Printemps des Comédiens. La décision de poursuivre le projet revient au pouvoir politique. Être nommé, c'est bénéficier d'un espace de création, mais il faut savoir rester à sa place. »
« Vous êtes le garant de la liberté artistique, tandis que le pouvoir reste le gardien de la nomination. Les choix politiques se fondent sur un projet et la sélection du successeur relève souvent de l’intuition. »
« Il faut attendre de voir si le Printemps des Comédiens aura su convaincre le public. N'oublions pas que le théâtre est l'art du présent. »
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