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Lundi 1 juin

Le portrait : Marina Tep, l'influenceuse nantaise qui monte

Rédigé par Farah Sadallah
La jeune femme vit de son métier et compte bien poursuivre son ascension sur les réseaux (crédit : Farah Sadallah).

À l’âge de 23 ans, la jeune femme a déjà vécu plusieurs expériences professionnelles. Aujourd’hui, cette acharnée du travail est surtout créatrice de contenus pour les commerçants nantais. En pleine ascension, elle veut devenir la future influenceuse de Nantes. 

Du Cambodge à la France

Née au Cambodge, Marina apprend très rapidement le français grâce à ses parents expatriés qui l’emmènent vivre à l’Île Maurice et à Haïti. « Je ne parlais pas khmer, la langue natale du Cambodge », raconte-t-elle. « Alors mes parents m’ont renvoyée là-bas. Pour eux, ce n’était pas concevable que leur fille ne maîtrise pas la langue. »

Ses parents lui enseignent la culture du travail et la quête de la perfection. « Réussir, c’est l’être dans ses relations, dans son corps, et au travail », affirme-t-elle avec le sourire. « Je n’ai jamais eu de mauvaise note dans ma vie, et pour moi, une mauvaise note, c’est 16. »

À Nantes, elle s’inscrit dans une école de design. « Je voulais faire des études d’architecture d’intérieur. J’adore créer et être dans le contrôle. C’était un peu comme une pulsion, je voulais tester ça, pour ne pas louper une vocation. » Mais après un premier semestre, la jeune femme se rend compte que ce n’est pas fait pour elle. 

« Mes parents l’ont vu comme un échec. Pour eux, j’étais l’élève exemplaire. » Carpe diem, Marina rebondit et suit son instinct. Elle s’inscrit en double cursus dans l'école universitaire d'économie et de management et dans une école de commerce. Un milieu qui la passionne.

En burn-out

À la fin de ses études, elle fait un stage dans la création de contenus au sein d’une start-up qui crée des sites internet pour les restaurateurs nantais. C’est la révélation. « J’ai retrouvé la Marina de 14 ans, qui faisait des vidéos sur YouTube au Cambodge. J’adore être devant la caméra et me mettre en scène. »

Pour aller plus loin, elle entame, en 2023, une alternance à l’école Sup de com, toujours dans la même société. « À ce moment-là, j’étais très heureuse. Mais j’étais accro au travail. Je bossais même les week-ends dans une crêperie, en plus de tout le reste. »

En décembre, Marina fait un burn-out et s’arrête. Mais la jeune femme ne peut se résigner à travailler et reprend rapidement son quotidien (sans la crêperie). À la fin de son alternance, la start-up l’embauche. 

Au bout de quelques mois, Marina déchante. « Mon patron me déléguait tout. J’avais beaucoup de responsabilités. Je travaillais pour trois et je n’avais pas de reconnaissance. Je me suis sentie trahie, car on a fait grandir cette boîte ensemble. » Alors en mars 2025, elle quitte l’entreprise, sans se retourner. 

Le tournant

À la même période, elle rencontre son partenaire. Ce dernier l’encourage à faire ce pour quoi elle est douée : la création de contenus. En septembre 2025, Marina tâtonne et y va à reculons. Mais deux mois plus tard, c’est le déclic. 

« J’ai fait une vidéo pour Le Petit Saïgon qui m’a contactée, et la vidéo a fait 50 000 vues en moins de 24h. C’est énorme pour quelqu'un qui n’a que 3 000 abonnés. » Depuis, les restaurateurs font de plus en plus appel à elle.

Aujourd’hui, la micro-influenceuse comptabilise 5 800 abonnés sur Tik Tok et vit de son métier, en réalisant trois vidéos par semaine, pour lesquelles elle est rémunérée. Une grande fierté pour elle. « J’ai toujours été la petite fille à son papa et j’ai toujours été dépendante d’eux, et là maintenant, c’est mon argent. »

Le regard toujours tourné vers l’avenir, Marina rêve de devenir “une vraie influenceuse” afin de donner une autre image de ce métier. « Je veux percer sur les réseaux tout en gardant mes valeurs. Je n’aime pas la culture du vide. Je veux montrer qu’on peut être influenceuse tout en parlant des problèmes dans le monde. »

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