Jeudi 13 novembre
Une start-up nantaise invente OTO, un fauteuil thérapeutique
Rédigé par Farah Sadallah.
Le dispositif est fabriqué en bois (crédit : Coralie Monnet).
Présente dans les CHU, les Instituts médico-éducatifs (IME), les Esat et maintenant les Ehpad ou encore les musées et les aéroports, cette innovation a été conçue pour être un refuge sensoriel à destination des personnes atteintes du trouble du spectre de l’autisme (TSA).
La genèse
- Il y a 6 ans, la jeune ébéniste Alexia Audrain réalise son projet de fin d’études à l’école de design Nantes Atlantique. « J’ai voulu me concentrer sur le handicap invisible et plus particulièrement sur l’autisme, un sujet qui me parle, car j’ai une très bonne amie qui est éducatrice spécialisée à l’IME de Blain. »
- Là-bas, l’équipe des éducateurs lui fait part « d’un manque de dispositif d’étreinte régulière au quotidien, avec une sensation enveloppante ». Celui-ci pouvant aider les patients à gérer leurs stimulations sensorielles, le bruit, l’effet de groupe, ou encore la surcharge émotionnelle. « On a donc créé ensemble un outil d’apaisement », raconte la créatrice d’OTO.
- Une équipe médicale du CHRU de Tours s’est jointe à eux pour observer l’impact du fauteuil sur les patients. « Ils ont noté une baisse de l’anxiété et une augmentation de l’attention après utilisation. Les usagers étaient plus disponibles après, pour passer du temps en groupe. » Actuellement, une étude clinique est en cours, afin de mesurer scientifiquement les effets.
Comment ça fonctionne ?
- Fabriqué en bois à Vallet, dans un style contemporain et chaleureux, à l’opposé du mobilier médical stigmatisant, le fauteuil OTO s’adapte à chaque personne suivant ses besoins.
- Il se gonfle et se dégonfle via une télécommande, qui permet de choisir quelle partie du corps la personne souhaite étreindre, avec la pression souhaitée.
- Un repose-pied est aussi connecté au fauteuil pour s’adapter aux plus petits. « Un hôpital de jour l’utilise pour les enfants à partir de 3 ans. » Le soignant peut également suivre la pression appliquée sur le corps. Mais c’est le patient qui gère son utilisation d’OTO.
- Par exemple, au CHU de Nantes, une dentiste, spécialisée en soin dentaire pour les personnes autistes, s’est équipée d’un fauteuil en salle d’attente, pour que les patients puissent se détendre avant leur séance.
Où le trouve-t-on ?
- OTO s’est exporté dans le milieu médical jusqu’en Belgique, en Allemagne, en Suisse, ou encore au musée des sciences à Amsterdam. Il a aussi intégré le Palais de Tokyo le 23 octobre.
- L’objectif étant de renforcer l’inclusion des personnes atteintes de troubles du neurodéveloppement. « Elles aussi doivent avoir accès à la culture. »
- OTO a récemment intégré les Ehpad, comme le Parc de Diane, à Nantes, pour bénéficier « aux personnes âgées qui ont des maladies neurodégénératives ».
Abonnez-vous gratuitement
Nos lecteurs ont aussi lu :
Abonnez-vous gratuitement
Une info à nous suggérer ?
Contactez-nous
Lire la dernière édition de l'Essentiel Nantes