130 ans de cinéma, vus par Thierry Frémaux 🎬
Ce mercredi, Lyon célèbre le premier film du 7e art. À cette occasion, Thierry Frémaux, directeur de l’Institut Lumière, présente en salle son long métrage inédit Lumière, l’aventure continue, composé de 120 réalisations des frères Lumière. En parallèle, les traditionnelles séances de remake de La Sortie de l'usine Lumière à Lyon auront lieu au Hangar (inscription ici).
L’invention
- « Le 19 mars 1895, quand Louis Lumière tourne son premier film, le cinéma naît véritablement. Après lui, il n’y a plus d’inventeur du cinéma », affirme catégoriquement Thierry Frémaux.
- Selon lui, les frères Lumière ont créé la technique, mais ont aussi posé les fondations du langage cinématographique moderne : mise en scène, cadrage, narration en images.
- « Surtout, ils ont inventé la salle de cinéma. Contrairement à Edison, qui proposait une expérience individuelle, Lumière a conçu le cinéma comme une expérience collective », souligne-t-il.
Le film
- Le nouveau film de Thierry Frémaux, qu’il préfère qualifier d’essai plutôt que de documentaire, présente 120 vues Lumière inédites. « Aujourd’hui, nous sommes saturés d’images. Regarder un film Lumière, c’est retrouver une forme d’innocence, ressentir l’émotion des premiers spectateurs de 1895 », explique-t-il.
- L’œuvre a déjà fait sensation lors des avant-premières et des cinéastes contemporains tels que Martin Scorsese ou Justine Triet l'ont qualifiée de « fascinante ». En bref, Lumière, l’aventure continue dépasse les attentes de son créateur « assembleur ».
La suite
- Cette célébration n’est qu’un début. En juin, une plateforme numérique dédiée aux œuvres des frères Lumière sera lancée. La deuxième partie de l'année sera consacrée à leur autre grande invention : l'expérience collective de la salle.
- Thierry Frémaux poursuit également son engagement pour valoriser l’héritage cinématographique lyonnais : « Il y a 50 ans, les usines Lumière ont été détruites. Depuis, nous reconstruisons, agrandissons et rénovons constamment. Contrairement à d'autres arts, nous savons précisément où le cinéma est né », rappelle-t-il pour inspirer de plus grandes ambitions.
- Sceptique quant au projet gouvernemental d’un musée national du cinéma, il milite pour une implication renforcée des acteurs locaux dans un projet ambitieux, au-delà du Hangar du Premier Film. « Lyon doit revendiquer fièrement son identité cinématographique, ramener le passé vers le présent et l'envoyer vers le futur », conclut-il.


