Saint-Fargeau ou le devoir de transmettre 🏰
Situé dans l'Yonne, le château de Saint-Fargeau est un haut-lieu du patrimoine bourguignon. Tombé en désuétude à la fin des années 1970, il doit sa renaissance à un passionné, Michel Guyot. Rencontre.
Quelle est l'histoire du château de Saint-Fargeau ?
« Elle remonte à l'an mil environ. Le château a été bâti sur une motte féodale. C'est une construction médiévale, qui a été dotée d'une carapace XVIIe siècle, lorsqu'il a été rénové par la Grande Mademoiselle, petite-fille d'Henri IV, qui a fait appel à l'architecte François Le Vau.
Sous la Révolution française, il appartient à Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, conventionnel régicide, qui est assassiné le 20 janvier 1793, la veille de l'exécution de Louis XVI. Cet épisode a inspiré un tableau à David. La famille, honteuse de ce passé, aurait emmuré la toile dans le château, où elle se trouverait encore : le mystère demeure ! »
Dans quelles circonstances ce château croise-t-il votre chemin ?
« Nous sommes à la fin des années 1970. Avec mon frère Jacques, nous l'avons découvert en regardant la série Au plaisir de Dieu, inspirée d'un roman de Jean d'Ormesson, qui a été tournée sur place. Le château est décrépit. Personne n'en veut, avec ses 2 hectares de toiture et tous ses aménagements à refaire.
Nous nous sommes lancés dans l'aventure sans rien connaître. Chez nous, l'action précède la réflexion, du moment qu'elle est entreprise au service du beau. Très vite, pour financer les travaux, nous avons l'idée de créer un spectacle, inspirés par ce que nous avions pu voir au château de Valençay (Indre). 45 ans plus tard, c'est un succès qui ne faiblit pas, avec 45 000 à 50 000 spectateurs qui viennent chaque saison. »
Le château est donc sauvé et son avenir assuré ?
« On a coutume de dire qu'un propriétaire doit préparer sa succession à l'âge de 50 ou 60 ans. C'est ce que j'ai fait et tout est organisé. Il faut bien avoir conscience que Saint-Fargeau n'est pas la propriété d'une famille, mais celle de l'histoire de France. Nous sommes les maillons d'une chaîne et nous avons le devoir de transmettre. »
- Pour préparer la visite du château ou réserver des billets pour le spectacle, c'est ici.