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Bonjour,

Cher(e)s abonné(e)s, l'étymologie du mot « patrimoine » - en latin, « patrimonium » - désigne « l'héritage du père » : ce qui est transmis et que l'on doit transmettre à son tour. C'est un lien indéfectible entre le passé et le futur, dont on prend soin aujourd'hui. 

Interrogé cette semaine par l'Essentiel Patrimoine culturel, Michel Guyot, le propriétaire du sublime château de Saint-Fargeau, où les spectacles ont repris le 11 juillet, pourrait être l'incarnation de cette définition. Merci à lui et bel été à vous !

Saint-Fargeau ou le devoir de transmettre 🏰

Michel Guyot (à droite), l'artisan de la renaissance de Saint-Fargeau (crédit : château de Saint-Fargeau).

Situé dans l'Yonne, le château de Saint-Fargeau est un haut-lieu du patrimoine bourguignon. Tombé en désuétude à la fin des années 1970, il doit sa renaissance à un passionné, Michel Guyot. Rencontre.

Quelle est l'histoire du château de Saint-Fargeau ?

« Elle remonte à l'an mil environ. Le château a été bâti sur une motte féodale. C'est une construction médiévale, qui a été dotée d'une carapace XVIIe siècle, lorsqu'il a été rénové par la Grande Mademoiselle, petite-fille d'Henri IV, qui a fait appel à l'architecte François Le Vau.

Sous la Révolution française, il appartient à Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau, conventionnel régicide, qui est assassiné le 20 janvier 1793, la veille de l'exécution de Louis XVI. Cet épisode a inspiré un tableau à David. La famille, honteuse de ce passé, aurait emmuré la toile dans le château, où elle se trouverait encore : le mystère demeure ! »

Dans quelles circonstances ce château croise-t-il votre chemin ?

« Nous sommes à la fin des années 1970. Avec mon frère Jacques, nous l'avons découvert en regardant la série Au plaisir de Dieu, inspirée d'un roman de Jean d'Ormesson, qui a été tournée sur place. Le château est décrépit. Personne n'en veut, avec ses 2 hectares de toiture et tous ses aménagements à refaire.

Nous nous sommes lancés dans l'aventure sans rien connaître. Chez nous, l'action précède la réflexion, du moment qu'elle est entreprise au service du beau. Très vite, pour financer les travaux, nous avons l'idée de créer un spectacle, inspirés par ce que nous avions pu voir au château de Valençay (Indre). 45 ans plus tard, c'est un succès qui ne faiblit pas, avec 45 000 à 50 000 spectateurs qui viennent chaque saison. »

Le château est donc sauvé et son avenir assuré ?

« On a coutume de dire qu'un propriétaire doit préparer sa succession à l'âge de 50 ou 60 ans. C'est ce que j'ai fait et tout est organisé. Il faut bien avoir conscience que Saint-Fargeau n'est pas la propriété d'une famille, mais celle de l'histoire de France. Nous sommes les maillons d'une chaîne et nous avons le devoir de transmettre. »

  • Pour préparer la visite du château ou réserver des billets pour le spectacle, c'est ici.
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Fêtes de la Madeleine : patrimoine bien vivant de Mont-de-Marsan 🎆

Entre 650 000 et 700 000 personnes participent chaque année aux fêtes de la Madeleine à Mont-de-Marsan (crédit : Adobe Stock).

Depuis mercredi, et jusqu'à dimanche, Mont-de-Marsan vit au rythme des Fêtes de la Madeleine. Un événement profondément ancré dans l'identité landaise, mêlant traditions religieuses, héritage historique et culture populaire.

Une fête née de la foi

  • À l’origine des Fêtes de la Madeleine, il y a une sainte : Marie-Madeleine. Patronne de Mont-de-Marsan depuis le Moyen Âge, elle est célébrée le 22 juillet dans la liturgie catholique.
  • Dès le XVIe siècle, cette date devient une solennité locale, confirmée en 1594 par Henri IV, qui l’inscrit officiellement dans le calendrier des fêtes.
  • Aujourd’hui encore, une messe d’ouverture, suivie d’une bénédiction des festayres (les participants à la fête, en occitan) et de la remise symbolique des clés de la ville, rappelle cet enracinement spirituel.

Des siècles de célébrations

  • Les archives témoignent d’une continuité remarquable : dès le XVIIe siècle, les Montois ont commencé à se réunir pour honorer leur sainte patronne.
  • Mais ce sont surtout les XIXe et XXe siècles qui marquent l’essor des festivités avec la construction des arènes du Plumaçon en 1889 (labellisées « patrimoine du XXe siècle ») et l'apparition des cavalcades, bandas et courses landaises.
  • Même les périodes de guerre n’auront pas raison de cette tradition populaire, relancée en 1948. 

Une culture populaire vivace

  • Plus qu’un simple rendez-vous estival, les Fêtes de la Madeleine sont le reflet d’une culture gasconne bien vivante. On y retrouve les valeurs de convivialité, de transmission et d’ancrage local : tenues bleues et blanches, musiques de rue, courses dans les arènes et moments de partage intergénérationnels.
  • La ville se transforme en un grand théâtre à ciel ouvert où chaque habitant, chaque visiteur écrit une nouvelle page de cette histoire. 

Toutes les informations sur l'édition 2025 : c'est ici.

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Une découverte cartographique exceptionnelle 🌎

La finesse des détails du Grand Insulaire est remarquable (crédit : Maison Millon).

Un recueil inédit de 229 cartes du XVIe siècle éclaire d’un jour nouveau l’ambition démesurée d’un cosmographe du roi.

Un trésor oublié refait surface

  • C’est une découverte majeure pour les amateurs de cartes anciennes. Le Grand Insulaire et Pilotage d’André Thevet, œuvre inachevée datant de 1586-1587, réapparaît dans une version jusqu’alors inconnue : 229 cartes gravées, soit près du double du corpus recensé dans les collections publiques.
  • Conçu comme un atlas mondial des îles, ce projet titanesque mêlait navigation, exploration et érudition, dans un XVIe siècle avide de conquêtes et de savoirs.

Un atlas entre science et imaginaire

  • André Thevet (1516-1590), grand voyageur et cosmographe du roi, voulait dresser un inventaire universel des rivages insulaires. Entre précision topographique et fantaisie savante, chaque carte révèle un mélange d’observations, de récits de marins et d’interprétations poétiques.
  • L’ensemble, resté à l’état d’épreuves typographiques, témoigne d’un projet éditorial ambitieux, jamais abouti, mais d’une richesse documentaire exceptionnelle.

Un événement pour les passionnés

  • Conservé dans une famille depuis plus d’un siècle, ce volume unique sera mis aux enchères le 24 septembre par la maison Millon. Une première mondiale pour un exemplaire aussi complet.
  • Plus qu’un objet rare, c’est une pièce de patrimoine qui ressurgit, à la croisée de l’histoire, de la géographie et du rêve.
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Assemblée nationale : le pavillon d'accueil en débat 🏛️

Le projet s'inspire du "Parlementarium" bruxellois (crédit : Adobe Stock).

L’Assemblée nationale prévoit de construire un nouveau pavillon d’accueil pour le public, imaginé par l’agence Moatti-Rivière. Pensé comme un « Parlementarium » à la française, ce bâtiment vitré suscite un vif débat.

Ce qu'il faut savoir

  • Porté par la présidente de l’Assemblée Yaël Braun-Pivet, le projet (lire la présentation en pdf) s’inscrit dans une volonté d’ouverture de l’institution vers le grand public.
  • Inspiré du Parlement européen de Bruxelles, ce futur pavillon d’accueil vise à répondre à une fréquentation croissante : près de 200 000 visiteurs par an pour des infrastructures jugées aujourd’hui trop étroites.
  • Un permis de construire a été déposé le 16 juin 2025 et validé le 22 juin, ouvrant la voie à un chantier imminent - sauf recours. L’objectif affiché est ambitieux : doubler la capacité d’accueil d’ici 2027, pour atteindre 400 000 visiteurs par an.

Transparence symbolique

  • Le pavillon, d’environ 4 500 m², prendra place sur le côté droit du Palais-Bourbon quand on regarde sa façade depuis la Seine. Conçu par l’agence Moatti-Rivière, il reposera sur quatre grands piliers de verre évoquant l’Hémicycle.
  • Le parcours se voudra pédagogique et accessible à tous. Cafétéria, boutique, vestiaires et dispositifs interactifs viendront compléter ce bâtiment voulu emblématique d’une démocratie plus transparente.

Levée de boucliers 

  • Des associations et figures du monde de l’art dénoncent un projet jugé dispendieux — près de 47 millions d’euros selon les dernières estimations — et inadapté au cadre historique de la place du Palais-Bourbon.
  • Une pétition intitulée « Non à l’enlaidissement de Paris », portée par l'association Sites & Monuments, a recueilli plus de 6 000 signatures. Certains dénoncent notamment une rupture regrettable de la symétrie avec l'église de la Madeleine, de l'autre côté de la Seine.
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Monument préféré des Français : dernière ligne droite pour voter ! 🗳️

14 monuments sont soumis au vote du public. Le gagnant sera révélé par Stéphane Bern sur France 3 lors des Journées européennes du Patrimoine (crédit : Fabien Malot - France Télévisions).

Quel sera « le monument préféré des Français » en 2025 ? Dans la perspective des prochaines Journées européennes du patrimoine (du 19 au 21 septembre), 14 sites et biens patrimoniaux ont été sélectionnés. Attention, vous n'avez plus que jusqu'à ce soir, 23h59, pour participer !

Les candidats

  • Viaduc de Garabit (Auvergne Rhône-Alpes) : chef-d’œuvre de Gustave Eiffel, ce viaduc du XIXᵉ siècle enjambe la Truyère à 122 m de haut.
  • Citadelle de Besançon (Bourgogne Franche-Comté) : forteresse de Vauban classée à l’UNESCO, elle surplombe la ville et abrite musées et parc animalier.
  • Pen Duick (Bretagne) : voilier emblématique d’Éric Tabarly, il incarne l’excellence de la course au large française.
  • Château de Chenonceau (Centre Val-de-Loire) : surnommé “château des Dames”, il se distingue par son élégance Renaissance et ses arches sur le Cher.
  • Citadelle de Calvi (Corse) : ancienne place forte génoise dominant la Méditerranée, elle offre un panorama exceptionnel.
  • Château de Haroué (Grand Est) : le "Petit Chambord Lorrain", aménagé sur la base d'un château médiéval, appartient à la même famille depuis le XVIIe siècle.
  • Jardin botanique de Valombreuse (Guadeloupe) : écrin tropical dans une vallée luxuriante, il rassemble une flore antillaise remarquable.
  • Château de Chantilly (Hauts-de-France) : domaine d’exception réunissant château, musée Condé, grandes écuries et jardins à la française.
  • Basilique-cathédrale Saint-Denis (Île-de-France) : chef-d’œuvre gothique abritant les tombeaux royaux et d’admirables vitraux médiévaux.
  • Villa Les Rhumbs – Musée Christian Dior (Normandie) : maison d’enfance du couturier à Granville, aujourd’hui musée entouré d’un jardin en balcon sur la mer.
  • Phare de Cordouan (Nouvelle-Aquitaine) : le “Versailles des mers”, phare monumental du XVIᵉ siècle classé UNESCO, trône en pleine mer.
  • Place du Capitole à Toulouse (Occitanie) : achevée au XIXe siècle, d'une superficie de 12 000 m2, la place est un fleuron de l'architecture néoclassique.
  • Remparts de Guérande (Pays-de-Loire) : construits pour l'essentiel au XVe siècle, ils constituent un exemple de l'architecture militaire bretonne du Moyen Âge.
  • Amphithéâtre d'Arles (Provence-Alpes-Côte-d'Azur) : Inspiré du Colisée de Rome, l’amphithéâtre est construit à la fin du Ier siècle pour accueillir 21 000 spectateurs.

Pour voter : c'est ici.

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LES ESCAPADES DE LA SEMAINE 💎

60 œuvres sont exposées dans la forteresse royale de Chinon pour découvrir les nombreuses acceptions du mot "trésor" (crédit : Adobe Stock).

Les trésors de Chinon 

Les trésors ne se trouvent pas seulement dans les coffres des pirates sous la forme de poignées de pièces d'or sonnantes et trébuchantes. Ils sont aussi et surtout l'ensemble des biens qui manifestent la puissance des princes et rois. C'est cette diversité que fait découvrir l'exposition "Trésors Royaux" à découvrir à la forteresse royale de Chinon (Indre-et-Loire), avec de nombreuses animations prévues tout au long de l'été. Renseignements et billetterie : c'est ici.

Art Sacré à Autun

La Biennale d’Autun (Saône-et-Loire), 5ᵉ édition du Festival international d’art sacré contemporain, commence aujourd'hui. Dans 11 lieux historiques, plus de 60 artistes présentent 150 œuvres (peinture, sculpture, photo, vidéo, mosaïque…), enrichies par 12 spectacles vivants. L’événement propose aussi des visites guidées et des ateliers participatifs, pour un riche dialogue entre art contemporain, patrimoine et spiritualité. Pour tout savoir sur l'événement : c'est par là.

Troubadours de Ventadour

De passage en Corrèze ? C'est l'occasion de découvrir l'art et la poésie des troubadours occitans, dans le château de Ventadour qui leur est associé. Pourquoi ? Parce qu'au XIIe siècle, il en fut le foyer rayonnant grâce à son seigneur Ebles II que Guillaume IX d'Aquitaine en personne était venu rencontrer. Le plus célèbre des troubadours y fut formé : Bernart de Ventadour. Visite guidée sur réservation demain à 11h.

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PISTES DE LECTURE 📖

Le destin d'une reine

Aliénor d’Aquitaine, seule reine de France et d’Angleterre, incarne un destin hors du commun : duchesse puissante, épouse de deux rois, mère de Richard Cœur de Lion, rebelle emprisonnée, puis conseillère politique. Philippe Tourault livre le portrait vivant d’une femme libre, légendaire et inoubliable.

  • Aliénor d'Aquitaine, Philippe Tourault, Perrin, 288 p., 21 €.

(crédit : Perrin)

(crédit : Parigramme)

Si Paris nous était conté

Paris, théâtre de moments clés de l’histoire de France, regorge de lieux méconnus où se sont joués des événements majeurs : on y passe souvent sans savoir que l'on arpente un lieu chargé de mémoire. De Jeanne d’Arc à la Libération, en passant par Cartouche ou Gambetta, Pascal Varejka invite à redécouvrir une capitale habitée par le passé.

  • Ça s'est passé à Paris. Retour sur les lieux de l'histoire, Pascal Varejka, Parigramme, 192 p., 14 €.

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Direction de la rédaction : Jean-Marc Paillous avec Emmanuelle Magne et Dany Laforge.

À vendredi prochain !

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