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Bonjour,

👋 Cher(e)s abonné(e)s, 

 

💼 Une fois n'est pas coutume, ce n'est pas un monument, mais un homme, qui ouvre cette édition de l'Essentiel Patrimoine culturel. Mais quel homme ! Marc Bloch, torturé et fusillé par les nazis le 16 juin 1944, dix jours après le débarquement allié en Normandie.

 

🇫🇷 « Il est deux catégories de Français qui ne comprendront jamais l’histoire de France : ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération », écrivait-il dans L'Etrange Défaite. 

 

🙏 Homme d'unité, Marc Bloch appartenait à une troisième catégorie. Défenseur majeur de l'histoire locale au travers de l'étude de ses paysages et de ses acteurs souvent modestes, il a contribué par ricochet à ouvrir largement le concept du patrimoine, au-delà de ses fleurons les plus visibles. Nous lui rendons donc un juste hommage cette semaine.

 

👓 Bonne lecture à tou(te)s !

Marc Bloch, l’historien qui a élargi la notion de patrimoine 🏛️

Le Centre des monuments nationaux consacre une exposition au parcours de l'historien (crédit : Archives familiales Bloch).

Mardi, l’historien et résistant fera son entrée au Panthéon. Au-delà de son héroïsme et de son patriotisme que s'apprête à célébrer la Nation, il faut aussi rappeler que Marc Bloch, cofondateur de l'Ecole des Annales, a aussi œuvré à élargir la notion de patrimoine.

Au-delà des monuments

  • Au début du XXe siècle, la notion de patrimoine recouvre de manière presque exclusive les œuvres d’art et les grands monuments. Les historiens de l’art et les artisans de la conservation, comme Prosper Mérimée, privilégient ainsi les châteaux et les cathédrales.
  • Marc Bloch, lui, considère que le patrimoine ne se réduit pas à ces traces visibles. Il accorde une grande importance aux paysages ruraux, aux villages, aux chemins, aux parcelles agricoles et aux systèmes de cultures.
  • Pour lui, ces éléments constituent de véritables « documents historiques », qui conservent la mémoire de siècles d’organisation sociale et économique.
  • « Un long passé s’inscrit dans l’aspect présent de nos campagnes […] », écrit-il, ouvrant ainsi la voie à la préservation des « petits patrimoines » comme les granges, les moulins, les lavoirs...

Le patrimoine autrement

  • Avec l'école des Annales fondée avec Lucien Febvre, les recherches historiographiques intègrent désormais les questions économiques, démographiques et sociales.
  • Les modes de vie, les croyances, les mœurs sont étudiés. Bloch encourage l'utilisation de sources diverses comme les cartes anciennes, les vestiges ou encore les photographies.
  • Cette approche est développée dans son essai Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, où il explique que l’historien doit observer l’ensemble des traces matérielles du passé comme des sources de connaissance.
  • Marc Bloch a joué un rôle clé dans l’élargissement de la notion de patrimoine, influençant durablement la reconnaissance du patrimoine rural et du patrimoine culturel immatériel.
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Le Palais de la Femme veut préparer son avenir  👩

Le Palais de la Femme est aujourd'hui un établissement social et culturel (crédit : Palais de la Femme).

Dans le 11e arrondissement de la capitale, à l’angle de la rue Charonne, le Palais de la Femme, établissement de l’Armée du Salut reconnaissable à sa façade, a connu plusieurs vies. Il veut en démarrer une nouvelle avec un important projet de restauration.

Un bâtiment novateur

  • Construit en 1910 sur le terrain de l’ancien couvent dominicain des Filles-de-la-Croix, où, selon la légende, Cyrano de Bergerac aurait été inhumé, le bâtiment est l’œuvre des architectes Auguste Labussière (1863-1956) et Célestin Longerey (1861-1917).
  • À l'origine, il est conçu comme un hôtel populaire devant accueillir des travailleurs célibataires. Ce premier hôtel social de France, haut de 5 étages, compte 750 chambres.
  • Son architecture tranche avec les standards du début du XXe siècle, souvent marqués par l’exiguïté et le manque de lumière.
  • Les architectes y intègrent des préoccupations hygiénistes et de confort, en recourant au béton armé, à une verrière centrale et à un plan en U favorisant l’aération et l’éclairage naturel.
  • L’édifice, mêlant pierres et briques roses dans un style Art nouveau, se distingue par ses décors : mosaïques, ferronneries, vitraux et boiseries. Dominant l’entrée monumentale, un bas-relief témoigne de la mission sociale assignée au bâtiment dès sa construction.

Deux nouvelles vies

  • En 1914, le bâtiment est réquisitionné et transformé en hôpital militaire. Après la guerre, c’est une annexe du ministère des Pensions.
  • Laissé ensuite à l’abandon, il est racheté et réhabilité par Blanche et Albin Peyron, figures emblématiques de l’Armée du Salut, pour en faire un foyer pour jeunes ouvrières.
  • Le Palais de la Femme est inauguré le 23 juin 1926 et inscrit au titre des monuments historiques en 2003.
  • Malgré une restauration opérée entre 2003 et 2006, il nécessite aujourd’hui de nouveaux travaux. Pour soutenir sa rénovation, cliquez ici.
  • Pour son centenaire, de nombreux événements sont organisés.
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 À Condom, la cathédrale Saint-Pierre meurtrie par les flammes ⛪

Le cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Condom a été ravagé par les flammes (crédit : Ville de Condom).

Stupéfaction dans le centre de la commune de Condom (Gers) où s’est déclaré un incendie vendredi dernier, endommageant gravement le cloître cathédrale Saint-Pierre. La ministre de la Culture a apporté son soutien à la sauvegarde de ce patrimoine religieux.

Un monument d'exception

  • Construite au XVIIe siècle sur l’emplacement d’une ancienne église abbatiale, la cathédrale Saint-Pierre de Condom au style gothique méridional domine la commune.
  • Son plan s’organise autour d'une large nef, bordée de chapelles latérales aménagées entre d’imposants contreforts.
  • L’écroulement du clocher, en 1507, entraîne un vaste chantier de reconstruction piloté par l’évêque Jean Marre. Achevée en 1531, cette travaux ont contribué à donner l’aspect actuel de l’édifice avec ses voûtes sculptées et ses grandes ouvertures gothiques.
  • Accolé à la cathédrale, le cloître est édifié au XVIe siècle, peu après la construction de l’actuel édifice gothique. Ses vastes galeries et ses arcades élégantes reflètent le prestige du siège épiscopal de Condom à cette époque.
  • Inscrite au titre des monuments historiques en 1840, elle se dote au XIXe siècle d’un chœur inspiré de la cathédrale Sainte-Cécile d’Albi, où stuc et pierre contrastent avec les parties plus anciennes.

Un incendie ravageur

  • Le 12 juin, un incendie détruit près de 400 m2 de la toiture du cloître, après un départ de feu dans la médiathèque attenante.
  • Mobilisés, une cinquantaine de pompiers parviennent à maîtriser les flammes. Les dégâts sont néanmoins importants : plus de 4 000 ouvrages anciens ont été gravement touchés, dont une partie est partie en fumée.
  • La ministre de la Culture, Catherine Pégard a manifesté son soutien à la commune : « le sinistre qui a touché la médiathèque et le cloître de l'ancienne cathédrale de Condom est une épreuve pour tout un territoire », a-t-elle déclaré. Elle doit se rendre prochainement sur place.
  • Mardi dernier, une campagne de dons a été lancée par la Fondation du patrimoine pour financer la restauration du cloître.
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Le transport du bois par flottage en quête d’une labellisation 🪵

La pratique du flottage par train de bois était encore utilisée après la Seconde guerre mondiale comme en témoigne cette photo d'époque (crédit : ssac Clamecy).

La Ville de Clamecy (Bourgogne-Franche-Comté) œuvre à faire inscrire le transport du bois par flottage au patrimoine culturel immatériel de l’Unesco.

Les racines du projet

  • Pratiqué du XVIe au XIXe siècle, le radelage consiste à acheminer par voie fluviale des bûches issues des forêts du Morvan, destinées au chauffage et aux fours parisiens.
  • Avant d’atteindre leur destination finale, les morceaux de bois jetés dans les rivières à la période automnale, sont récupérés au printemps à Clamecy.
  • Les habitants les extraient de l’eau avant de les trier puis construisent des « trains de bois ».
  • Ces radeaux, longs de 75 mètres et large de 4,50 mètres, sont équipés de flotteurs pour traverser l’Yonne et arriver à Paris après environ 10 jours de trajet.
  • Face à la demande croissante, un canal de navigation est lancé en 1786. Les travaux s’achèvent en 1840 avec la réalisation de trois tunnels, avant la mise en service du canal du Nivernais le 15 mars 1841.
  • L’essor du charbon, du chemin de fer puis de la navigation entraîne progressivement la disparition de cette pratique.

Un patrimoine immatériel

  • La Ville de Clamecy, l’association Flotescale et confrérie Saint-Nicolas figurent parmi les acteurs mobilisés pour faire reconnaître ce savoir-faire.
  • Cette reconnaissance serait susceptible de dynamiser l’attractivité touristique de la Nièvre et de l’Yonne.
  • Le Ministère de la Culture étudie actuellement le dossier pour l’inscription sur la liste du patrimoine culturel immatériel de la France, une étape qui pourrait être clef.
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Fête de la Musique : les coups de cœur l'Essentiel 🎶

La Fête de la musique est un événement musical gratuit (crédit : Maguelone du Fou).

J-2 avant le retour de l’incontournable Fête de la musique qui fait danser les Français depuis plus de 40 ans. La rédaction vous a concocté une sélection pour profiter de l’événement dans des sites patrimoniaux.

Les origines

  • En 1981, le ministre de la Culture Jack Lang nomme Maurice Fleuret à la direction de la musique et de la danse.
  • Ce dernier entend alors révolutionner le secteur avec une idée simple : « La musique sera partout et le concert nulle part ».
  • Le 21 juin 1982 est organisée la 1ère édition de la Fête de la musique.

Où se rendre ?

  • À Paris, les amateurs de jazz seront gâtés avec de nombreux concerts. Le ministère de la Culture a convié dans les jardins du Palais-Royal, le big band du Conservatoire régional de Paris, l’Orchestre national de jazz qui célébrera ses 40 ans avec à sa tête sa nouvelle directrice, Sylvaine Hélary et Thomas Dutronc qui, avec ses amis, fera entendre quelques pages du répertoire du jazz manouche. Un bal swing y sera également programmé.
  • À Lyon, l’Orchestre Symphonique de Lyon jouera dans la cour de l’Hôtel de Ville avec deux concerts à 19h et 21h des airs connus de Bizet, Berlioz et des mélodies issus de bande originales de films populaires comme E.T.  Toy Story ou les Aristochats.
  • La citadelle de Marseille, tiers-lieu patrimonial au Fort Saint-Nicolas, accueille des musiciens aux univers variés, naviguant entre klezmer, chants, musiques traditionnelles et sonorités électroniques.

Et aussi

  • Dans le Bordelais, la musique investit aussi des sites viticoles patrimoniaux, comme samedi au Domaine de la Châtaignière. Des groupes locaux assureront la 1ère partie de soirée, avant de laisser place à un DJ set. Le public pourra déguster les crus du domaine.
  • A Caen, le parc de l’Abbaye-aux-Dames, fondée au XIe siècle par Mathilde de Flandre, épouse de Guillaume le Conquérant, accueille 8 groupes normands. Au programme : slam, pop-rock, soul, hip-hop ou encore l’électro.
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L’essentiel de l’Essentiel 💎

Découvrez les principales actualités patrimoniales dont l'Essentiel media a parlé cette semaine dans ses éditions locales :

  • 🗡️ À Rouen, dans la rue du Moulinet, les passants peuvent apercevoir le buste d’Alain Blanchard, capitaine des arbalétriers et soldat célèbre de la guerre de Cent Ans.
  • 🌊 À Marseille, les calanques de Sugiton, patrimoine naturel de la ville, accueillaient jusqu’à 2 500 visiteurs par jour en plein été. Pour préserver la beauté du site et sa biodiversité, le système de réservation mis en place est ouvert depuis mercredi.
  • ⛪ À Strasbourg, six sœurs de la communauté protestante des diaconesses vont progressivement quitter la ville pour les Vosges, après une présence ininterrompue depuis octobre 1842.
  • 🪖 À Grenoble, la place de Verdun, anciennement appelée place d'Armes, qui servait de lieu de rassemblement militaire, a été aménagée dans les années 1840.
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LES ESCAPADES DE LA SEMAINE 💡

« Lumière de la liberté » est proposée à l'occasion des 250 ans de la Déclaration d’indépendance américaine (crédit : Yalla.Digital Inc – Château de Versailles).

La réalité virtuelle s’invite à Versailles 🗽

Au Pavillon d’Orléans, au château de Versailles, l’expérience immersive « Lumière de la liberté » mêle décors réels enrichis, interactions inédites et séquences spectaculaires. Le public y revit l’alliance franco-américaine aux côtés du marquis de La Fayette et des grandes figures de la Révolution américaine. Billetterie ici.

(Re)découvrir l’histoire de Marc Bloch 📜

À l’occasion de la panthéonisation de Marc Bloch et de son épouse le 23 juin, le monument accueille l’exposition « Marc Bloch, l’esprit de l’Histoire ». Photographies, objets, livres ou encore documents d’archives retracent son parcours intellectuel, militaire et personnel. Plus d’informations ici.

La Nièvre et la Somme valorisent leur patrimoine 🔎

L’Office de Tourisme Nièvre et Somme organise une série de visites pour mettre en lumière son patrimoine culturel : architecture, mémoire industrielle et patrimoine religieux. Le 25 juin, une promenade commentée mettra à l’honneur les Moulins Bleus à L’Étoile. Plus d’informations ici.

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PISTES DE LECTURE 📚

Vacances de rois

Il est temps de commencer à réfléchir à l'organisation des vacances et aux saines occupations auxquelles elles sont propices ! Alors pourquoi ne pas en profiter pour se mettre à jour sur la connaissance des rois et reines qui ont fait la France ? Sous la houlette de Stéphane Bern, ce cahier pas comme les autres s'impose, à tous les âges !

  • Stéphane Bern, Cahier de vacances. Rois et reines, Fayard, 63 p., 9,90 €

(Crédit : Fayard)

(Crédit : Perrin)

Les combats de Mme de Staël

Figure du libéralisme et de la pensée politique, Germaine de Staël incarne le combat pour la liberté face aux conformismes et aux pouvoirs autoritaires. Dans cette biographie magistrale, Stéphanie Genand retrace le destin d’une femme d’exception, intellectuelle engagée, européenne avant l’heure et pionnière de l’émancipation féminine.

  • Stéphanie Genand, Germaine de Staël. Le prix de la liberté, Perrin, 368 p., 23,50 €.

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Direction de la rédaction : Jean-Marc Paillous avec Emmanuelle Magne et Dany Laforge. Avec : Clémentine Duverly.

À vendredi prochain !

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