Marc Bloch, l’historien qui a élargi la notion de patrimoine 🏛️
Mardi, l’historien et résistant fera son entrée au Panthéon. Au-delà de son héroïsme et de son patriotisme que s'apprête à célébrer la Nation, il faut aussi rappeler que Marc Bloch, cofondateur de l'Ecole des Annales, a aussi œuvré à élargir la notion de patrimoine.
Au-delà des monuments
- Au début du XXe siècle, la notion de patrimoine recouvre de manière presque exclusive les œuvres d’art et les grands monuments. Les historiens de l’art et les artisans de la conservation, comme Prosper Mérimée, privilégient ainsi les châteaux et les cathédrales.
- Marc Bloch, lui, considère que le patrimoine ne se réduit pas à ces traces visibles. Il accorde une grande importance aux paysages ruraux, aux villages, aux chemins, aux parcelles agricoles et aux systèmes de cultures.
- Pour lui, ces éléments constituent de véritables « documents historiques », qui conservent la mémoire de siècles d’organisation sociale et économique.
- « Un long passé s’inscrit dans l’aspect présent de nos campagnes […] », écrit-il, ouvrant ainsi la voie à la préservation des « petits patrimoines » comme les granges, les moulins, les lavoirs...
Le patrimoine autrement
- Avec l'école des Annales fondée avec Lucien Febvre, les recherches historiographiques intègrent désormais les questions économiques, démographiques et sociales.
- Les modes de vie, les croyances, les mœurs sont étudiés. Bloch encourage l'utilisation de sources diverses comme les cartes anciennes, les vestiges ou encore les photographies.
- Cette approche est développée dans son essai Apologie pour l’histoire ou métier d’historien, où il explique que l’historien doit observer l’ensemble des traces matérielles du passé comme des sources de connaissance.
- Marc Bloch a joué un rôle clé dans l’élargissement de la notion de patrimoine, influençant durablement la reconnaissance du patrimoine rural et du patrimoine culturel immatériel.