Maylis Adhémar revient pour la 4e fois au Marathon des Mots. Cette fois pour présenter son dernier livre : L’école est finie.
La genèse
« J’écris depuis mon enfance, dit Maylis Adhémar. L’écriture était un espace où je me sentais bien, où il n’y avait ni la contrainte de l’école, ni celle de la famille ». Et d’ajouter, à toutes fins utiles : « Je n’étais pas très scolaire et j’étais dans une famille ultra catho… ».
Son dernier livre, paru en mars 2025, chez Stock, s’intitule L’école est finie. Al est un enfant malheureux sur les bancs, qui préfère courir dans le massif des Albères avec ses deux amis et se réfugier au fort de la Barbaresque.
Maylis Adhémar ne partait pas d’une copie blanche. Ce récit, elle avait commencé à l’écrire à l'âge de 8 ans. « Je l’ai retrouvé il y a 2 ans et j’ai été frappée par la radicalité du texte ! », rit-elle.
Ce n’est pas Al qui a imaginé l’ACE, l’association contre l’école, mais bien Maylis. « Je ne voyais pas d’intérêt, ce que je vivais à l’extérieur était beaucoup plus riche. J’ai appris à lire avec l’oreille tirée, des claques et des coups de règle. »
« Dans un roman, on met toujours un peu de soi »
Le roman qui a fait connaître l’autrice est sorti en 2020 aux éditions Julliard : Bénie soit Sixtine. L’histoire d’une jeune femme qui s’extrait d’un milieu catholique intégriste. Un incroyable texte, qui se dévore. Il a été adapté en téléfilm sur France 2.
« Dans un roman, on met toujours un peu de soi », souffle Maylis Adhémar, qui a grandi dans le Tarn, dans une famille membre d’une communauté intégriste. « Avec mes sœurs, nous étions écartelées entre deux mondes, je ne me sentais appartenir ni à l’un ni à l’autre. » Toutes les quatre ont pris le large.
Et après
La jeune femme passe son bac agricole, part un temps à l’étranger, où elle enseigne le français. Puis elle se dirige vers le journalisme, revient à Toulouse et écrit pour plusieurs journaux. Elle intervient aussi auprès d’associations comme Réparer le langage.
Désormais installée en famille dans le Volvestre, Maylis Adhémar consacre son temps aux livres. En 2023, elle sortait La Grande ourse chez Gallimard. Son dernier projet est une analyse de son itinéraire, « je pars de l’enfance, de ma propre déconstruction. C’est perturbant de voir comment la pensée s’est faite et défaite ».
Elle se souvient des soubresauts, des prises de conscience, de ses annotations d’enfant dans la marge, qui, déjà, remettait en question un système.